Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]
[ocr errors]

[ocr errors]

profession.Iloccupe à juste titre lepremier rang parmi les chimistes théoréticiens et penseurs. Ses ouvrages, tous empreints de la subtilité de son génie, sont: Of grundriss der chimic, 2 vol. in-8, 1806, Heidelberg. Beitraege zur begrundung einer wissenschaftlichen chimic, ibid. 2 vol. in-8, 1806.➡ Grundriss des experimental physik, 2 vol. in-8. - Encyclopaedische uberzetzungen, în-8. Physiologic der anorganischen natur, Heidelberg, 1806, in-8.- Einleitung in die neuere chimic, Halle, 1814, in 8. La préface de cet ouvrage est datée du quartier du passage de Manheim, février 1814. Gewerbs freund, dont il a jusqu'ici paru 8 vol. in-4. Deutscher sachbuch für die pharmacic, Berlin, 1819, 5 vol. in-16. Cet ouvrage se continue. M. Kastner est membre d'un grand nombre d'academies.

[ocr errors]
[ocr errors]

KAUFFMANN (MARIE-ANNE-ANGÉLIQUE-CATHERINE), l'une des femmes les plus distinguées dans la peinture, naquit à Coire, pays des Grisons, en octobre 1741. Sou père, peintre assez médiocre, avait cependant approfondi les principes de son art: il cultiva les dispositions qu'elle annonça de très-bonne heure, et s'attacha particulièrement à lui faire connaitre la science du coloris. Il lui fit donner en ou. tre des leçons d'histoire et de musique; et Angélique, âgée de 11 ans, jouissait déjà d'une sorte de célébrité à Come, où son père venait de s étabiir, lorsque l'évêque de cette ville, ayant entendu parler du talent précoce de cette jeune fille, lui fit faire son portrait. Le succès avec lequel elle s'en acquitta fut la cause de sa fortune. Renaud d'Este, duc de Modène, gouverneur de Milan, se déclara dès ce moment son protecteur, et de nouveaux ouvrages achevèrent de la faire avantageusement connaître. Elle demandait quelque temps avant d'esquisser ses portraits: en attendant, elle épiait une attitude favorite de celui qu'elle devait représenter; elle cherchait adroitement un effet bien saisi de clair-obscur, science que son père lui avait particulièrement recommandée; et partout où elle pouvait l'essayer sans altérer la verité, elle introduisait un style élégant et gracieux. Angélique avait atteint vingt ans. Des amis de son père l'engageaient fortement à quitter la peinture pour la musique. On voulait la faire débuter sur un théâtre, où elle aurait acquis,

[ocr errors]

[ocr errors]
[ocr errors]

disait on une grande fortune, sans compromettre sa santé. Un tableau de cette femme célèbre la représente placée entre la musique et la peinture, qui s'efforcent de l'attirer par des caresses. Elle a choisi le moment où elle adresse de tendres adieux à la musique. Le goût pour la peinture prédomina, et elle cessa dès-lors de cultiver l'art de la musique avec autant de soin; mais elle n'en resta pas moins toujours une habile musicienne. Dès lors elle commença à voyager, visita successivement les principales villes d'Italie, fit à Rome, en 1764, un cours de perspective, et partit l'année suivante pour Londres, sur l'invitation de quelques seigneurs anglais qu'elle avait rencontrés à Venise. Arrivée dans la capitale de la Grande-Bretagne, elle y fut parfaitement accueillie par le célèbre Reynolds, auprès duquel elle perfectionna ses talens, et qui bientôt éprouva pour son élève un sentiment passionné, contre lequel elle sut toutefois se défendre, d'autant plus qu'elle ne voulait point renoncer à l'Italie. Néanmoins cette résolution ne put la défendre des tentatives plus dangereuses d'un aventurier, doué de l'extérieur le plus séduisant et des manières les plus distinguees, qui se faisait appeler le comte Fréderic de Horn, et se disait noble Suédois. Il se fit aimer d'Angélique, qui lui donna sa main : mais on ne tarda pas à découvrir que le prétendu comte n'était qu'un adroit imposteur. On peut juger de l'effet que produisit sur elle cette découverte; heureusement des amis agirent efficacement en sa faveur, et ce malheureux mariage fut annullé le 10 février 1768, par un acte de séparation. Rendue à ses travaux, elle fut inscrite avec une sorte desolennité sur le registre des membres de la société royale de peinture de Londres. La fortune aussi commençait à lui sourire elle put amasser des rentes. Elle se vit chanter à-la-fois par Klopstock et par Gessner, à qui elle envoya, en échange de leurs vers, des tableaux d'un effet agréable. Le faux comte de Horn étant mort, Angélique épousa à Londres, le 14 juillet 1781, Antoine Zucchi, peintre vé nitien. Čet artiste, recommandable par le feu de ses compositions, la fécondité de l'invention, et une certaine disposition à peindre avec vérité et franchise des ruines d'architecture, avait gagné des sommes assez considérables en Angleterre. Unis par

:

l'analogie des goûts et des talens, les deux époux partirent pour l'Italie, séjour vers lequel Angélique ne cessait de tourner les yeux. A Venise, elle composa pour un Anglais la Mort de Léonard de Vinci, expirant dans les bras de François Ier. Elle se rendit ensuite à Naples, puis à Rome, où elle s'établit définitivement. Sa manière de composer, expressive, facile, remplie de grâce, fut généralement approuvée. Joseph II, qui était alors à Rome, voulut aussi avoir de ses tableaux ; elle lui destina son Retour d'Arminius, vainqueur des légions de Varus, et la Pompe funèbre de Pallas (Enéide). En 1795, Angélique perdit son époux, et elle éprouva des revers de fortune. Elle avait coutume de dire alors que deux consolations lui restaient : la première qu'elle avait à remercier le ciel de lui avoir conservé les deux mains; la seconde de n'avoir pas oublié qu'elle avait vécu autrefois dans un état voisin de l'indigence. Elle avait l'habitude de confier au papier une foule de réflexions qui la surprenaient dans ses travaux; et elle gardait soigneusement ces papiers, que l'on trouva en grand nombre après sa mort. Sur un de ces papiers, date de 1801, elle avait écrit : « Un jour que je trouvais des difficultés à exprimer dans la tête de Dieu le père, ce que je sentais, je dis en moimême : Je ne veux plus tenter d'exprimer des choses supérieures à l'imagination humaine, et je réserve cette entreprise pour le moment où je serai dans le ciel, si cependant au ciel on fait de la peinture. » La considération publique ne cessait de l'entourer: mais sa santé dépérissait,et, attaquée d'une maladie de langueur, elle y succomba le 5 novembre 1807. Après sa mort, elle reçut les honneurs que la patrie des arts aime à prodiguer au talent. Les

académiciens de St-Luc assistèrent à ses funérailles. Comme à celles de Raphaël, on porta derrière son corps ses deux derniers tableaux on avait, en même-temps, placé sur le cercueil, sa main droite, moulée en platre, posée comme quand elle tenait le pinceau. Les compositions d'Angélique Kauffmann furent toujours ingénieuses, raisonnées, et le fruit de longues méditations sur les traits mythologiques ou historiques qui en faisaient le sujet, ainsi que d'une étude approfondie des écrivains qui en avaient parlé. Comme les Carraches, elle évitait la confusion des figures. La partie del'art qu'elle possédait le plus impar

faitement était peut-être le dessin, et cette circonstance s'explique par le genre de travail que cette partie exige, et que la décence de son sexe ne lui permettait pas de pousser trop loin. Elle inventait et dessinait les draperies avec goût, imitant le faire du Poussin et l'antique, mais sans servilité, et elle se refusait à trop envelopper les figures dans leurs vêtemens. Un de ses amis lui disait un jour : « Vos personnages, Angélique, peuvent marcher sans déranger leurs habillemens. » Les tableaux de cette artiste célèbre sont répandus non-seulement dans les principales villes d'Italie, mais en Angleterre et en Allemagne: il s'en trouve aussi à Paris, chez des amateurs distingués.

KAUFFMANN, célèbre musicien de Dresde, n'est pas moins connu comme mé. canicien. On lui doit l'invention de plusieurs instrumens, tels que le Beltonéon, le Cordaulodion et l'Harmonicorde, qu'il a fait entendre dans diverses villes de l'Europe, et entre autres à Bruxelles et à Paris, en 1817. Il est en outre auteur d'un automate-trompette, véritable chef-d'œu vre de mécanique et de précision. Ces nouvelles conquêtes de l'art musical ont longtemps attiré beaucoup d'amateurs et d'artistes aux soirées de M. Kauffmann.

KAUNITZ-RITTBERG-QUESTENBERG (Lé prince ALOYs), chambellan de l'empereur d'Autriche, né le 20 juin 1774, a rempli diverses ambassades au nom de la cour de Vienne à Dresde, à Copenhague, à Naples et à Madrid. Il était dans cette dernière résidence en 1816, lorsqu'il y fut remplacé par le comte de Saurau. De retour à Vienne, il fut nommé, dans le courant de cette même année, ambassadeur auprès du St-Siége, et décoré de l'ordre de St-Étienne de Hongrie. L'objet de sa mission était de régler les différends qui existaient encore avec la cour de Rome pour les affaires ecclésiastiques. Par l'acte du congrès de Vienne, du 9 juin 1815, le comté de Rittberg, appartenant au prince de Kaunitz, a été enclavé dans le territoire du royaume de Prusse.-KAUNITZ (Le comte), est aide-de-camp du roi des Pays-Bas.

KEATE (THOMAS), membre de la société royale de Londres, chirurgien de la famille royale et chirurgien en chef des armées anglaises, jouit en Angleterre d'une très-grande réputation. Il a publié : Expériences sur l'hydrocèle, avec des ob

[ocr errors]

servations sur une méthode particulière de traiter cette maladie, 1788, in-8.- Observations sur les rapports de divers comités médicaux, nommés pour s'assurer de l'état de santé des troupes, 1808 et 1809.

KEATS (Sir RICHARD GODWIN), contreamiral anglais, fut lieutenant à bord du vaisseau le Prince George, qui faisait partie de l'escadre envoyée aux Indes-occidentales, sous l'amiral Rodney, et sur lequel le duc de Clarence était embarqué comme garde-marine. Ce prince fut confié, pour son instruction, au lieutenant Keats, regardé alors comme un des hommes les plus propres à lui donner les notions nécessaires pour l'exercice de sa profession. De ces rapports naquirent entre eux une liaison durable et une amitié sincère, qui firent disparaître toutes les distinctions de rang; et de ce moment, le duc de Clarence contribua avec zele à l'avancement d'un homme qui, dans tous les temps, s'est montré digne de cette protection. Le lieutenant Keats fut promu au grade de capitaine dans l'année 1789. Il commandait le Superbe dans l'ac. tion d'Algesiras, le 12 juillet 1801, et s'y distingua par son intelligence et son sang. froid. I commandait aussi le vaisseau que montait l'amiral Duckworth à la bataille de San-Domingo, le 9 février 1804. En novembre 1805, il reçut le titre de colonel des Royales-marines, et le grade de contre-amiral de l'escadre bleue, le 2 octobre 1807. Ce fut lui qui donna au marquis de la Romana et aux troupes espagno→ les confinées dans le nord de l'Europe, les moyens de s'échapper pour aller défendre leur pays. Ses services lui valurent, en octobre 1808, le cordon de l'ordre du Bain.

KEESSEL (DIONYSIUS-GODEFRIDUS VAN DER), professeur de jurisprudence à l'université de Leyde, naquit le 22 septembre 1738, à Deventer, où son père etait minis tre des protestans-réformés. Après avoir fait de bonnes études à l'athénée de sa ville natale, il alla à l'université de Leyde pour y étudier la jurisprudence, et y fréquenta pendant cinq ans les leçons des savans professeurs qui y enseignaient cette science. Ayant obtenu le grade de docteur en droit, il s'établit comme avocat à la Haye, et y pratiqua avec beaucoup de succès. Nommé professeur en droit à l'université de Groningue, en 1762, n'étant agé que de

24 ans, il y enseigna la jurisprudence pendant sept années consécutives, jusqu'à ce qu'il fut appelé, en 1771, à la chaire de droit à l'université de Leyde, établissement qu'il honora par ses talens et son érudition. Il a formé plusieurs élèves qui ont illustré leurs noms dans la carrière du droit et de la politique. Le roi actuel des Pays-Bas fut son disciple, et fit toujours le plus grand cas de son respectable maître, qu'il a nommé membre de l'ordre du lion belgique. On a de lui: Dissertatio inauguralis de usucapione partus et foctus reifurtivo, 1761.-Oratio qua disquiritur an capita illa juris Romani quæ in usu hodie non esse dicuntur, in acade miis doceri expediat, Groningue, 1762.

[ocr errors]

Oratio de legislatorum belgarum in recipiende jure romano prudentia, Lugd. Bat, 1770.-Oratio de amore patrice i juventute belgica excitando prudenterque dirigendo, 1774. Oratio de nequitate judicantium,optimo turbatæ reipublicæ remedio, 1786.-Oratio de studio juris civilis ad bonos mores formandos et virtutem colendam aptissimo, 1790.—Oratio de advocato christiano, 1792. - Theses selectoe de juris Hollandici et Zelandici, 1800, in-4. Cet ouvrage, publié à l'usage de ses disciples, est un très-savant commentaire sur l'Introduction au droit hollandais par H. Grotius. Il a légué à l'académie de Leyde les observations ultérieures qu'il a faites sur ce livre du célèbre jurisconsulte hollandais. Il est mort en 1816.

KEITH (Lord vicomte GEORGE ELPHINSTONE), amiral anglais, né en 1747,, d'une famille ancienne et distinguée d'Ecosse, montra, de bonne heure, du goût pour le service de mer, dans lequel il s'engagea. Après avoir passé par les grades inférieurs, il était, en 1773, lieutenant de vaisseau dans la Méditerranée. Deux ans après, il devint capitaine. Il se fit nommer, en 1774 et 1780, membre du parlement par le comté de Dumbarton, et, en 1786, par celui de Stirling. Il figura, en 1780, parmi les membres indépendans qui s'efforcérent en vain de reconcilier Pitt avec Fox et le duc de Portland. Le capitaine Elphinstone se distingua dans la guerre contre les colonies d'Amérique, où il commanda long-temps un vaisseau de 74. A l'époque de la revolution française, il fut envoyé dans la Méditerranée, sur le Robuste, de 74 canons, sous les ordres de

l'amiral Hood, et se renditavec cet amiral, contre les Anglais, et il donna des insen aout 1793, à Toulon, lorsque ceite tructions aux capitaines de la flotte de: ville eut proclamé Louis XVII. George Dunes pour défendre la côte en cas d'atElphinstone eut le commandemement du taque. Le 15 avril 1812, il presida la cour fort Lamalgue. Lorsque le départ de l'ar- martiale établie pour juger des causes de mée anglaise fut résolu, le comte Elphins- l'échouement du vaisseau le Conquestatone fut chargé de faire embarquer les dor sur les bas-fonds de la baie de Quiroyalistes français qui voulurent quitter beron. L'amiral Keith commandait, en leur patrie. A son retour en Angleterre, 1814, les forces navales de l'Angleterre, en 1794, il fut nommé chevalier de l'or- depuis le Finistère jusqu'à Baïonne , lorsdre du Bain, et ensuite contre-amiral de que les événemens de la campagne de Franl'escadre blanche. En avril 1795, il fut ce vinrent changer la face des affaires, Le envoyé avec une flotte au cap de Bonne- préfet maritime de Rochefort et le conEspérance, et il s'empara de cet établis- tre-amiral Jacob lui écrivirent, au mois sement important. Il fut, à cette occasion, d'avril, au nom du gouvernement provicréé, en 1797, pair d'Irlande, avec le ti. soire, pour lui proposer de cesser les hostre de baron Keith de Stone-Haven-Ma- ti'ités. L'amiral anglais y consentit avec rischal, et rejoignit ensuite la flotte du empressement, et il permit à tous les naCanal, commandée par lord Bridport,qu'il vires marchands qui avaient des relaremplaça en 1799. Il fut envoyé , comme tions snr les côtes de France, de circuler vice-amiral, pour ailler l'amiral Saint- librement. Le prince-régent lui confera , Vincent dans la Méditerranée, bombarda cette année, le titre de vicomte, transGênes en 1800, et se rendit avec le grade missible à ses héritiers. En 1815, il eut, d'amiral, dans la baie de Cadix, pour sou- sur le Northumberland, un entretien avec tenir l'entreprise formée contre cette pla. Bonaparte, avant le départ de celui-ci pour ce par le général Abercromby ; entre- Ste-Hélène. Lord Keith a épousé, en 1787, prise que fit échoucr la vigoureuse ré- Jeanne , fille et unique héritière de Wilsistance du gouverneur espagnol, puis liam Mercer, morte en 1788, et dont il a samment secondé par l'amiral Massaredo eu une seule fille, Marguerite-Marie El( voy. ce nom). Lord Keith commandait phinstone, qui a épousé le comte de Flala flotte qui, en 1801, transporta le gé- haut en 1816. néral Abercromby en Égypte. Il con- KELLER (Louis-DOROTHÉE, comte de), tribua par ses bonnes dispositions au dé: est né à Stedten, près d'Erfurt, terre dans barquement des troupes, et prepara ainsi laquele son père, ancien conseiller du les victoires qu'elles remportérent ensuite. duc de Wurtemberg , s'était retiré. Après Ce fut lord Keith qui, en exigeant que avoir achevé ses études à Gettingue et à tous les Français se rendissent prisonniers, Strasbourg, il entra au service de Prusrompit la convention d'El-Arisch , par se, et obtint, très-jeune encore, le titre laquelle ceux-ci s'obligeaient à évacuer de ministre plénipotentiaire près la cour l'Égypte ( voy: K1.EBER ). Les journaux de Suède. Après la mort de Fréderic II français prétendirent à cette époque qu'il son successeur le fit passer, dans la même avait cu de mauvais procédés envers ses qualité, à la cour de St-Pétersbourg, d'où prisonniers, et rapporterent les reproches il fut envoyé, en 1789, à la Haye. C'estque le général Desaix lui avait adressés à ce là qu'il travailla , de concert avec le misujet. Lord Keith reçut, à son retour en nistère hollandais et les plénipotentiaires Angleterre , des remercimens des deux des cours de Londres et de Vienne , aux chambres, la permission de porter l'or- arrangemens qui rétablirent l'autorité de dre du Croissant, et la pairie d'Angleterre, la maison d'Autriche en Belgique. En La ville de Londres lui envoya le droit de 1793, il assista aux conférences d'Anvers, cité dans une boîte d'or magnifique, et il où quelques diplomates s'étaient réunis à fut nommé chambellan, secrétaire et garde la hâte pour examiner les propositions de du sceau du prince de Galles, etc. En Dumouriez après sa défection (vor. ce 1803 , il fut nommé amiral du port de nom). M. Keller contribua au rejet de ces Plymouth. Il mit à la voile le 10 septem- propositions, que d'ailleurs celui même bre 1804, à bord du vaisseau le Monar- qui les avait faites se trouva bientôt hors que, pour les cotes de France, afin de d'état de réaliser. L'entrée des troupes reconnaître les préparatifs qui s'y faisaient françaises en Hollande mit fin à la mission

du comte de Keller près les états-généraux. Il resta sans emploi jusqu'en 1797, où il reçut celui d'envoyé extraordinaire à la cour de Vienne, emploi qu'il résigna en 1805, pour vivre dans la retraite. En 1806, il fut question de lui conférer une place de second ministre des affaires étrangères, à côté du comte de Haugwitz; mais il déclina cette charge, dont l'activité se serait bornée à celle d'un chef de bureau, d'autant plus que le systême politique du comte de Haugwitz n'était pas le sien. En 1807, il n'exerça d'autres fonctions que celles de membre des états-généraux convoqués à Cassel. Mais bientôt après, il devint ministre du prince primat, grand-duc de Francfort (duc de Dalberg), auprès de Napoléon. Il quitta Paris en 1813; et les évenemens de la guerre ayant fait évanouir deux souverainetés, celle du grandduc de Francfort, et celle du royaume de Westphalie, l'électeur de Hesse, reintegré dans ses états, le chargea de ses intérèts au congrès de Vienne, à l'issue duquel le comte de Keller rentra au service du roi de Prusse, qui le nomma, en 1815, premier président de la régence d'Erfurt. KELLERMANN FRANÇOIS-CHRISTOPHE), duc de Valmy,pairet maréchalde France,né à Strasbourg, le 30 mai 1735, commença par être simple hussard dans la légion de Conflans; et s'étant fait remarquer pendant la guerre de sept ans, il fut fait officier, devint ensuite colonel du régiment de colonel-général hussard, et enfin maréchal-de-camp en 1788. Il fut employé au commencement de la révolution en Alsace, où il fit quelques efforts pour arrêter l'indiscipline des troupes dont la véritable cause était dans l'incivisme des officiers. Il reçut à Landau, oùil comman. dait alors, une couronne civique, pour avoir engagé les soldats à fréquenter les sociétés populaires. Dévoué aux principes de la révolution, comme à toutes les conséquences qui devaient en résulter, le généralKellermann adhéra à la révolutiondu 10 août 1792; prêta, après cette époque, le serment à la liberté et à l'égalité, exigé de tous les fonctionnaires publics; obtint le commandement de l'armée de la Moselle; opera,en septembre, sa jonction avec le général Dumouriez, en Champagne, et occupa alors la position de Valmy. Le 19 de ce mois, il y soutint une attaque qui, sans être d'une grande importance en ellemème, décida du succès de la campagne

de Champagne, et détermina la retraite des alliés. Employé ensuite sous les ordres du général Custine, il fut dénoncé par celui-ci pour ne s'être pas emparé de Trẻves et de Mayence. Kellermann écrivit à la convention, le 6 novembre, « que cette dénonciation ne pouvait être que l'effet de la folie ou du vin. » Tantot attaqué, tantôt défendu par les jacobins, il fut employé successivement sur la Moselle, et au siége de Lyon, dont il conduisit les premières opérations avec peu de succès; cequi lui attira de nouvelles denonciations, qui lui firent désirer de passer à l'armée des Alpes, où il contribua utilement à la défense des frontières méridionales. Cependant il ne put échapper aux accusations qui accablaient alors tous les généraux; accusé de faiblesse, même de trahison, à la tribune des jacobins, il fut exclu de leur société, puis destitué et constitué prisonnier à l'Abbaye; en septembre 1793. Traduit au tribunal révolutionnaire, où il ne fut, heureusement pour lui, mis en jugement qu'après la mort de Robespierre, il y fut acquitté le 18 brumaire an 3 ( 8 novembre 1794). Ayant repris, en 1795, le Commandement de l'armée des Alpes et d'Italie, il fit une campagne remarquable par sa résistance à des forces supérieures, mais peu importante dans ses suites. Le général Bonaparte ayant éte nommé au commandement en chef de l'armée d'Italie, le directoire ne conserva à Kellermann que celui de l'armée des Alpes, et cette armée devint, en quelque sorte, la réserve de la première. Le général Kellermann se rendit, en 1797, à Paris, où il reçut du directoire l'ordre de mettre la ville de Lyon en état de siége. Nommé, en 1798, à une inspection générale, il fut couronné au spectacle d'Angers, et envoya sa couronne aux autorités constituées. Il fut ensuite membre du bureau militaire établi près le directoire. Après le 18 brumaire (9 novembre 1799), il entra au sénat-conservateur, dont il fut nommé président le 2 août 1801. Le 3 juil let 1802, il obtint le titre de grand-officier de la légion-d'honneur, et, bientót après, fut élevé au grade de maréchal d'empire, et pourvu de la senatorerie de Colmar. Il se rendit, à la fin de 1805, dans les départemens du Haut-Rhin, et y organisales gardes nationales. Enjuillet 1806, il proposa l'érection d'un monument en l'honneur de l'empereur Napoléon. Pen

« PreviousContinue »