Page images
PDF
EPUB

DES

CONTEMPORAINS,

OU NOUVELLE

BIOGRAPHIE,

SEULE ÉDITION, DANS LAQUELLE SE TROUVENT RÉUNIS LES HOMMES

MORTS OU VIVANS , DE TOUTES LES NATIONS , QUI SE SONT FAIT
REMARQUER A LA FIN DU 18me SIÈCLE ET AU COMMENCEMENT DE
CELUI-CI PAR LEURS ÉCRITS , LEURS ACTIONS,

TALENS,
LEURS VERTUS OU LEURS CRIMES.

.

LEURS

SECONDE ÉDITION,

Augmentée de deux volumes de Supplément et de 100 Portraits.

[merged small][ocr errors][merged small]

AUG. WAHLEN ET COMP, IMPRIMEURS-LIBRAIRES.

wwwwww

f

СТ43
Ст2
s, 2.
V. 3

[merged small][merged small][ocr errors][merged small]
[merged small][ocr errors]

BRUGES (Le comte de), est issu et y rencontra M. le comte d' d'une famille poble de France, mais tois qui, dès cette époque , prévoya qui n'a rien de commun, avec la fa- l'issue trop probable pour la Fr mille anglaise de ce nom, dont la ce, de la lutte dans laquelle l'am branche ainée avait pour chef le duc tion de Napoléon l'avait entraînée a de Chandos , mort à Londres , en l'Europe , attendait , sur les frontièı 1789. M. de Bruges émigra l'un des de ce pays, l'instant favorable po premiers lors de la révolution fran- y pénétrer. M. le comte d'Artois , a çaise , et fit, dans l'armée des princes, quel M. de Bruges fit quelques offr la campagne de 1792. Après le licen- d'argent qui furent acceptées, attach ciement de cette armée, il passa en

cet officier à sa personne, en quali Angleterre, y renonça tout-à-fait à la d'aide-de-camp, il rentra en Frane société française, et se rapprocha de avec ce prince dont il est devenu l'u la famille dont nous venons de parler, des conseils et des confidens les plu et dont il voulut à tout prix se faire intimes; il a obtenu , en 1815, le ran passer pour parent; il réussit à former de lieutenant-général et les places d une liaison intime avec les personnes' vice-président du comité de la guerr qui la composaient, et à leur persuader et de chancelier de la légion d'hon. qu'une communauté d'origine existait neur. Le 21 novembre 1815, le comt entre elles et lui. Lorsque le gouverne- de Bruges a été nommé inspecteur-gé ment britannique envoya, en 1793, néral des gardes nationales du royau une expédition à St-Domingue, M. de me, qui ne s'attendaient guères, il y Bruges, qui avait des propriétés dans a quelques années , à voir un oslicier cette colonie, se fit aitacher à l'ex: anglais à leur tête ; à la vérité M. de pédition et fut bientôt après nommé Bruges est aussi grand-cordon de la colonel de la légion britaonique, en légion d'honneur, et cette bizarrerie même temps qu'il remplissait auprès vaut bien l'autre, - Bruges (Le vidu général Williamson, gouverneur comte de), son frère, était lieutenant de l'ile, les fonctions d'aide-de-camp. de vaisseau, en 1789; fit dans l'arM. de Bruges fit preuve d'une valeur mée des princes la campagne de 1792, distinguée, dans cette guerre où il re- rejoigoit son frère à St-Domingue, en çut plusieurs blessures, et à son re- 1793, et reviut ensuite se marier en tour le gouvernement britapnique le Allemague. Il était inspecteur de la récompensa de ses services d'une ma- gme division militaire ( Provence), nière brillante. Il quitta , peu de temps lors du débarquement de Bonaparte après, l'Angleterre , et revint sur le au golfe Juan, le 2 mars 1815. Il comcontinent; il était en Suisse, eu 1813, mande aujourd'hui le département de

Bouches-du-Rhône. Chargé, en 1816, imprimée à Groningue en 1783. L'apar les princes, d'une mission auprès cadémie royale de Bordeaux avait du roi de Prusse, ce monarque lui fit proposé au concours cette question : présent de son portrait enrichi de dia- Existe-t-il quelque indice sensible , mans. Le vicomte de Bruges, possède, qui puisse faire connaitre aux obserpresqu'au même degré que sou frère, vateurs les moins exerces, le temps la confiance de Monsieur, et ses opi- les arbres et principalement les nions bien connues le rendent digne chénes cessent de croître, et ils vont de cet honneur.

commencer à dépérir; et ces indices BRUGMANS (SEBALD-JUSTINUS'), (en supposant qu'il y en ait ) one-ips professeur de médecine, de chimie, généralement lieu, et affectent-ils nede botanique et d'histoire oaturelle, cessairement les arbres , venus dans à l'université de Leyde, inspecteur- loutes sortes de terrains ? M. Bruggénéral du service de santé de l'ar- mans se mit au nombre des concur. mée et de la marine de S. M. le roi des rens, et ne fut pas moins heureux Pays-Bas, chevalier de l'ordre du lion- à Bordeaux, en 1982, qu'il ne l'avait belgique, membre de la première clas- été l'année précédente à Dijon; son se de l'institut 'royal des Pays-Bas, mémoire obtint le prix. Il publia, dans et de plusieurs académies et sociétés le cours de l'année 1783,

une disserlittéraires, naquit à Franeker (Frise), tation sur un météore sulfureux, acle 24 mars 1963. Il fit ses études d'a- compagné de phénomènes particubord à l'université de Groningue , où liers, surtout par rapport à la vé. son père professa les mathématiques gétation des plantes, qui avait été et la physique, et ensuite à Leyde. observé en juin 1783, à Groningue, Destiné par ses parens à entrer de bon- ainsi que dans une grande partie de De heure dans le corps du génie, il l'Europe. L'académie de Berlin lui s'appliqua aux sciences, dont la con- décerna un prix en 1785 , pour son naissance est particulièrement néces- mémoire sur l'ivraye. Voilà donc trois saire pour faire des progrès dans cette prix académiques remportés par M. partie ; quoiqu'il ait ensuite renoncé à Brugmans , encore étudiant, et obce projet, il n'en continua cependant tenus en pays étranger pour des Mé. pas moins ses études dans les scien- moires écrits dans une langue qui ces exactes, auxquelles il joignit cela n'était point celle de son pays. Il est les de l'histoire naturelle, de la bota- sans doute peu d'exemples d'une si nique et de la médecine. Il n'avait prodigieuse étendue de connaissances, que

dix-huit ans , lorsqu'il fut reçu dans un âge si peu avancé. M. Brugdocteur en philosophie à Groningue, mans songea alors à embrasser un état, en 1981. A cette occasion, il publia et se décida pour celui de médecin. une description géognostique , d'après Il reçut publiquement à Groningue , le système de Wallerius, des pierres en 1785, le bonnet de docteur en méqu'on trouve dans les environs de cette decine, en publiant une dissertation ville (Lithologia groningana). Il rem- de Puogenià, dans laquelle il établit, porta dans la même année, un prix qui par des expériences nouvelles, 1° la lui fut décerné par l'académie royale différence qu'il y a entre le pus et de Dijon , pour sa réponse à la ques, entre tous les autres fluides animaux; tion proposée par elle, savoir : Quel-

que

le les sont les plantes inutiles et vénéneu- ritable sécrétion pathologique. Vers la ses, qui infectent souvent les prairies, fin de cette année , il fut appelé à la et diminuent leur

fertilité, et les moyens chaire de professeur de physique et les plus avantageux d'y en substituer de philosophie, à l'académie de Franede salubres et d'utiles, de manière que ker, que son père avait occupée aule bétail y trouve une nourriture saine trefois, et qui se trouvait vacante par et abondante ? Cette dissertation a été le départ du célèbre professeur Van

pus est formé

par une ve

[ocr errors]

Swinden pour Amsterdam. Après un Cuvier en a fait particulièrement l'é. enseignement de quelques mois, il loge dans son rapport sur les établisquittà cette place pour occuper celle semens d'instruction publique, exisde professeur de botanique à l'univer- tant en Hollande. En 1791, M. Brugsité de Leyde, et prononça, à cette mans fut nommé membre de la faculté occasion, un discours sur la nature de médecine; et cédant aux instances du sol de la Frise (de naturá soli Fri- des curateurs de l'université, il se sici explorandà); ce discours a été chargea, en 1795, de l'enseignement imprimé en 1787. Lorsqu'il prit pos- de la chimie, la chaire de cette partie session de sa nouvelle chaire dans la étant devenue vacante, par la mort première université de la Hollande, du professeur Voltelen, et ce il prononça , au mois d'octobre 1786, fut que par suite des sollicitations les un discours sur l'utilité d'une con- plus flatteuses, qu'il se décida à connaissance plus exacte des plantes in- tinuer ses leçons dans cette science. digènes ( de accuratiori plantarum in- C'est en cette nouvelle qualité qu'il digenarum notitiâ maximè commen- prononça, en 1800, un discours sur danda). Ce discours fut publié l'année les services rendus par Boerhave, suivante , et extraordinairement bien la chimie (de meritis Hermani Boerhaaccueilli des plus sayans naturalistes. vii in Chemiam). M. Brugmans , ayant Depuis cette époque, la direction du fait une étude particulière de l'hygièjardin botanique de l'université, un ne militaire et de tout ce qui a rapdes plus riches et des plus célèbres port à l'organisation et à l'adminisde l'Europe, a été confiée à M. Brug- tration des hôpitaux , fut consulté en mans, qui fut en outre nommé, en 1787, 1794 , par les états députés de la Holpar les curateurs de cet établissement, lande, sur les mesures à prendre pour professeur d'histoire naturelle, pou- l'établissement des hôpitaux à ouvelle chaire qui fut jointe à celle devrir aux malades et blessés des arla bolanique. À cette occasion, il pro- mees alliées, qui, à cette époque, se uonça un discours analogue à la cir- retiraient vers l'intérieur de cette proconstance. L'histoire naturelle, étant vince. Leş Hanovriens ayant été plaenseignée par un professeuraussi habile cés dans le grand hôpital de Leyde, que M. Brugmans, dès-lors grand nom- M. Brugmans, qui habitait cette ville, bre de personnes commencèrent à s'y fut à même de leur rendre des ser appliquer avec une ardeurprodigieuse. vices signalés. Après la révolution de Tel est toujours l'ascendant d'un ta. 1795, il fut appelé à rédiger un plan lent supérieur, qu'il anime tout cë d'organisation du service de santé qu'il touche , et fait passer dans tou- pour l'armée hollandaise, et à disposer tes les ames, ce feu sacré qui seul, en même temps, avec les commissaires dans les arts et les sciences fait at- français, tout ce qui concernait le teindre à la perfection. Le cabinet d'a- service des hôpitaux, pour leurs manatomie comparée que M. Brugmans lades et blessés. Le plan qu'il prés'est formé lui-même, et qui est, sans senta fut adopté en totalité contestation, un des plus complets l'invitation du gouvernement , que possède aucun particulier, ne con- chargea de son exécution en acceptribua pas médiocrement à favoriser tant la direction du service de santé cette étude de l'histoire naturelle. Ce de l'armée, qui, en conséquence, fut cabinet lui sert, depuis trente ans, à réorganisé et mis sur un pied respecenseigner les principes de la zoologie table , de sorte qu'il obtint souvent et de la physiologie, tant générale que les éloges des étrangers, qui l'avaient particulière de l'homme. Cette col- jugé digue d'une attention particulière. lection est l'objet de l'admiration de L'armée hollandaise doit à cette insde tous les connaisseurs qui visitent titution, une pharmacie centrale, et les établissemens de l'université, et M. un laboratoire chimique établi à la

[ocr errors]

et sur

>

il se

1

« PreviousContinue »