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servations sur une méthode particulière de 24 ans, il y enseigna la jurisprudence pentrailer celle maladie, 1988, in-8. - 06- dant sept années consécutives , jusqu'à ce servations sur les rapports de divers co- qu'il fut appelé, en 1771, à la chaire de mités médicaux, nommés pour s'assurer droit à l'université de Leyde , établissede l'état de santé des troupes, 1808 et ment qu'ilhonora par ses talens et son éru1809 ,

dition. Il a formé plusieurs élèves qui ont KEATS (Sir RICHARD Godwin), contre- illustré leurs noms dans la carrière du amiral anglais, fut lieutenant à bord du droit et de la politique. Le roi actuel des vaisseau le Prince George, qui faisait par. Pays-Bas fut son disciple, et fit toujours tie de l'escadre envoyée aux Iudes-occi- le plus grand cas de son respectable maidentales, sous l'amiral Rodney , et sur tre, qu'il a nommé membre de l'ordre dų lequel le duc de Clarence était embarqué lion belgique. On a de lui : Dissertatio comme garde-marine. Ce prince fut cou- inauguralis de usucapione parius et focfié, pour son instruction, au lieutenant tus reifurtivoe, 1961.- Oratio qua disKeats, regardé alors comme un des hom- quiritur an capita illa juris Romani quce mes les plus propres à lui donner les no- in usu hodie non esse dicuntur, in acade. tions nécessaires pour l'exercice de sa miis doceri expediat, Groningue, 1762. profession. De ces rapports naquirent - Oratio de legislatorum belgarum in reentre eux une liaison durable et une ami- cipiende jure romano prudentia, Lugd. , tie sincère, qui firent disparaitre toutes Bat, 1970.--Oratio de amore patrice i les distinctions de rang ; et de ce mo- juventute belgica excitundo prudenterque ment, le duc de Clarence contribua avec dirigendo , 1774. - Oratio de nequitate zele à l'avancement d'un homme qui , judicantium, optimo turbatæ reipublicoe redans tous les temps, s'est montré digne de medio, 1786.-Oratio de studio juris cia cette protection. Le lieutenant Keats fut vilis ad bonos mores formandos et virtupromu au grade de capitaine dans l'année tem colendam optissimo, 1790.- Oratio 1789. Il commandait le Superbe dans l'ac. de advocato christiano,

1792.- Theses tion d’Algésiras, le 12 juillet 1801, et selecloe de juris Hollandici el Zelandici, s'y distingua par son intelligence et son 1800, in-4. Cet ouvrage, publié à l'usage sang

froid. ' Il commandait aussi le de ses disciples , est un très-savant comvaisseau montait l'amiral Duckworth mentaire sur l'Introduction au droil holm à la bataille de San-Domingo, le 9 février landais par H. Grotius. Il a légué à l'a1804. En novembre 1805, il reçut le titre cadémie de Leyde les observations ultéde colonel des Royales-marines, et le grade rieures qu'il a faites sur ce livre du célèbre de contre-amiral de l'escadre bleue, le 2 jurisconsulte hollandais. Il est mort en octobre 1807. Ce fut lui qui donna au mar. 1816. quis de la Romana et aux troupes espagno

KEITH (Lordvicomte George ELPHINSles confinées dans le nord de l'Europe, les TONE), amiral anglais, né en 1747,, d'une moyens de s'échapper pour aller défen- famille ancienne et distinguée d'Écosse, dre leur pays. Ses services lui valurent, montra, de bonne heure, du goût pour le en octobre 1808, le cordon de l'ordre du service de mer, dans lequel il s'engagea. Bain.

Après avoir passé par les grades inférieurs, KEESSEL (DIONYSIUS-GODEFRIDUS VAN il était, en 1773, lieutenant de vaisseau DER), professeur de jurisprudence à l'uni- dans la Mediterranée. Deux ans après, il versité de Leyde , naquit le 22 septembre' devint capitaine. Il se fit nommer, en 1774 1738, à Deventer, où son père etait minis- et 1780, membre du parlement par le tre des protestans-réformés. Après avoir comté de Dumbarton, et, en 1786, fait de bonnes études à l'athénée de sa ville par celui de Stirling. Il figura, en 1780, natale, il alla à l'université de Leyde pour parmi les membres indépendans qui s'efy étudier la jurisprudence, et y fréquenta forcérent en vain de reconcilier Pitt avec pendant cinq ans les leçons des savans pro- Fox et le duc de Portland. Le capitaine fesseurs qui y enseignaient cette science. Elphinstone se distingua dans la guerre Ayant obtenu le grade de docteur en droit, contre les colonies d'Amérique où il il s'établit comme avocat à la Haye, et y commanda long-temps un vaisseau de 74. pratiqua avec beaucoup de succes. Nom. A l'époque de la revolution française , il mé professeur en droit à l'université de fut envoyé dans la Méditerranée, sur le Groningue , en 1762, n'étant age que de Robuste, de 74 canons, sous les ordres de

que

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l'amiral Hood, et se renditavec cet amiral, contre les Anglais, et il donna des insen aout 1793, à Toulon, lorsque ceite tructions aux capitaines de la flotte de: ville eut proclamé Louis XVII. George Dunes pour défendre la côte en cas d'atElphinstone eut le commandemement du taque. Le 15 avril 1812, il presida la cour fort Lamalgue. Lorsque le départ de l'ar- martiale établie pour juger des causes de mée anglaise fut résolu, le comte Elphins- l'échouement du vaisseau le Conquestatone fut chargé de faire embarquer les dor sur les bas-fonds de la baie de Quiroyalistes français qui voulurent quitter beron. L'amiral Keith commandait, en leur patrie. A son retour en Angleterre, 1814, les forces navales de l'Angleterre, en 1794, il fut nommé chevalier de l'or- depuis le Finistère jusqu'à Baïonne , lorsdre du Bain, et ensuite contre-amiral de que les événemens de la campagne de Franl'escadre blanche. En avril 1795, il fut ce vinrent changer la face des affaires, Le envoyé avec une flotte au cap de Bonne- préfet maritime de Rochefort et le conEspérance, et il s'empara de cet établis- tre-amiral Jacob lui écrivirent, au mois sement important. Il fut, à cette occasion, d'avril, au nom du gouvernement provicréé, en 1797, pair d'Irlande, avec le ti. soire, pour lui proposer de cesser les hostre de baron Keith de Stone-Haven-Ma- ti'ités. L'amiral anglais y consentit avec rischal, et rejoignit ensuite la flotte du empressement, et il permit à tous les naCanal, commandée par lord Bridport,qu'il vires marchands qui avaient des relaremplaça en 1799. Il fut envoyé , comme tions snr les côtes de France, de circuler vice-amiral, pour ailler l'amiral Saint- librement. Le prince-régent lui confera , Vincent dans la Méditerranée, bombarda cette année, le titre de vicomte, transGênes en 1800, et se rendit avec le grade missible à ses héritiers. En 1815, il eut, d'amiral, dans la baie de Cadix, pour sou- sur le Northumberland, un entretien avec tenir l'entreprise formée contre cette pla. Bonaparte, avant le départ de celui-ci pour ce par le général Abercromby ; entre- Ste-Hélène. Lord Keith a épousé, en 1787, prise que fit échoucr la vigoureuse ré- Jeanne , fille et unique héritière de Wilsistance du gouverneur espagnol, puis liam Mercer, morte en 1788, et dont il a samment secondé par l'amiral Massaredo eu une seule fille, Marguerite-Marie El( voy. ce nom). Lord Keith commandait phinstone, qui a épousé le comte de Flala flotte qui, en 1801, transporta le gé- haut en 1816. néral Abercromby en Égypte. Il con- KELLER (Louis-DOROTHÉE, comte de), tribua par ses bonnes dispositions au dé: est né à Stedten, près d'Erfurt, terre dans barquement des troupes, et prepara ainsi laquele son père, ancien conseiller du les victoires qu'elles remportérent ensuite. duc de Wurtemberg , s'était retiré. Après Ce fut lord Keith qui, en exigeant que avoir achevé ses études à Gettingue et à tous les Français se rendissent prisonniers, Strasbourg, il entra au service de Prusrompit la convention d'El-Arisch , par se, et obtint, très-jeune encore, le titre laquelle ceux-ci s'obligeaient à évacuer de ministre plénipotentiaire près la cour l'Égypte ( voy: K1.EBER ). Les journaux de Suède. Après la mort de Fréderic II français prétendirent à cette époque qu'il son successeur le fit passer, dans la même avait cu de mauvais procédés envers ses qualité, à la cour de St-Pétersbourg, d'où prisonniers, et rapporterent les reproches il fut envoyé, en 1789, à la Haye. C'estque le général Desaix lui avait adressés à ce là qu'il travailla , de concert avec le misujet. Lord Keith reçut, à son retour en nistère hollandais et les plénipotentiaires Angleterre , des remercimens des deux des cours de Londres et de Vienne , aux chambres, la permission de porter l'or- arrangemens qui rétablirent l'autorité de dre du Croissant, et la pairie d'Angleterre, la maison d'Autriche en Belgique. En La ville de Londres lui envoya le droit de 1793, il assista aux conférences d'Anvers, cité dans une boîte d'or magnifique, et il où quelques diplomates s'étaient réunis à fut nommé chambellan, secrétaire et garde la hâte pour examiner les propositions de du sceau du prince de Galles, etc. En Dumouriez après sa défection (vor. ce 1803 , il fut nommé amiral du port de nom). M. Keller contribua au rejet de ces Plymouth. Il mit à la voile le 10 septem- propositions, que d'ailleurs celui même bre 1804, à bord du vaisseau le Monar- qui les avait faites se trouva bientôt hors que, pour les cotes de France, afin de d'état de réaliser. L'entrée des troupes reconnaître les préparatifs qui s'y faisaient françaises en Hollande mit fin à la mission

du comte de Keller près les états-géné– de Champagne, et détermina la retraite raux. Il resta sans emploi jusqu'en 1797, des allies. Employé ensuite sous les ordres où il reçut celui d'envoyé extraordinaire du général Custine , il fut dénonçe par ceà la cour de Vienne, emploi qu'il résigna lui-ci pour ne s'être pas emparé de Tréen 1805, pour vivre dans la retraite. En ves et de Mayence. Kellermann écrivit à la 1806, il fut question de lui conférer une convention, le 6 novembre, « que cette place de second ministre des affaires étran. dénonciation ne pouvait être que l'effet gères, à côté du comte de Haugwitz; mais de la folie ou du vin. » Tantot attaqué, il declina cette charge, dont l'activité se tantôt défendu par les jacobins , il fut serait bornée à celle d'un chef de bureau, employé successivement sur la Moselle, d'autant plus que le système politique du et au siège de Lyon, dont il conduisit les comte de Haugwitz n'était pas le sien. En premières opérations avec peu de succès ; 1807, il n'exerça d'autres fonctions que cequiluiattira de nouvelles dénonciations, celles de membre des états-généraux con- qui lui firent désirer de passer à l'armée voqués à Cassel. Mais bientôt après, il de- des Alpes, où il contribua utilement à la vint ministre du prince primat, grand-duc défense des frontières meridionales. Cede Francfort (duc de Dalberg), auprès de pendantil ne put échapper aux accusations Napoléon. Il quitta Paris en 1813; et les qui accablaient alors tous les généraux ; evenemens de la guerre ayant fait éva- accusé de faiblesse , même de tralison, à nouir deux souverainetés, celle du grand- la tribune desjacobins, il fut exclu de leur duc de Francfort, et celle du royaume de société, puis destitué et constitué prisonWestphalie , l'électeur de Hesse , reinte- nier à l'Abbaye; en septembre 1793. Tragré dans ses états, le chargea de ses inté- duit au tribunal revolutionnaire, où il ne rèts au congrès de Vienne, à l'issue du- fut, heureusement pour lui, mis en jugequel le comte de Keller rentra au servicc ment qu'après la mort de Robespierre, il du roi de Prusse , qui le nomma, en 1815, y fut acquitté le 18 brumaire an 3 ( 8 nopremier president de la régence d'Erfurt. vembre 1794). Ayant repris, en 1795, le

KELLERMANN ( François-CHRISTO- commandement de l'armée des Alpes et PHE), duc deValmy,pairet maréchaldeFran. d'Italie, il fit une campagne remarquable ce,né à Strasbourg, le 30 mai 1735, com- par sa résistance à des forces supérieures, mença par être simple hussard dans la lé- mais peu importante dans ses suites. Le gion de Conflans; et s'étant fait remarquer general Bonaparte ayant éte nommé au pendant la guerre de sept ans, il fut fait commandement en chef de l'armée d'Ioslicier , devint ensuite colonel du régi- talie", le directoire ne conserva à Kellerment de colonel-général hussard , et en- mann que celui de l'armée des Alpes, et fin maréchal-de-camp en 1788. Il fut em- cette armee devint, en quelque sorte, la ployé au commencement de la révolution réserve de la première. Le général Kelen Alsace , où il fit quelques efforts pour lermann se rendit, en 1797, à Paris, où il arrêter l'indiscipline des troupes dont la reçut du directoire l'ordre de mettre la véritable cause était dans l'incivisme des ville de Lyon en état de siége. Nommé, olliciers. Il reçut à Landau , oùil comman. en 1798 , à une inspection générale , il dait alors , une couronne civique, pour fut couronné au spectacle d'Angers, et avoir engagé les soldats å fréquenter les envoya sa couronne aux autorités constisociétés populaires. Dévoué aux principes tuécs. Il fut ensuite membre du bureau de la révolution, comme à toutes les con- militaire établi près le directoire. Après séquences qui devaient en résulter, le gé- le 18 brumaire (9 novembre 1799), il néralKellermann adhéra à la révolutiondu entra au sénat-conservateur, dont il fut 10 août 1792; prêta, après cette époque, nomme président le 2 août 1801. Le 3 juil. le serment à la liberté et à l'égalité, exigé let 1802, il obtint le titre de grand-offide tous les fonctionnaires publics ; obtint cier de la légion-d'honneur , et, bientot Je commandement de l'armée de la Mo- après , fut élevé au grade de maréchal selle; opéra,en septembre, sa jonction avec d’empire , et pourvu de la sénatorerie de le général Dumouriez, en Champagne, Colmar. Il se rendit , à la fin de 1805, dans et occupa alors la position de Valmy, Le les départemens du Haut-Rhin, et y or19 de ce mois, il y soutint une attaque qui, ganisales gardes nationales. Enjuillet 1806, sans ètre d'une grande importance en elle- il proposa l'érection-d'un monument en mème, décida du succès de la campagne l'honneur de l'empereur Napoléon. Pen

un

dant la campagne de Prusse , il fut chargé parvint à couvrir la Vieille-Castille. Ren d'organiser des régimens provisoires, à tré en France, il fit la campagne de 1813 Mayence. En 1809, il commanda le corps pendant laquelle il se signala , le 19 mai d'observation de l'Elbe. Le 1er janvier au combat de Wessie, et le 20, à la bataill. 1811, il fut nommé président du collège de Bautzen. Le 17 février 1814, il montr électoral du Haut-Rhin. Après la bataille une grande bravoure au combat de Nande Hanau ( 30 et 31 octobre 1813), il alla gis , et à Provins, d'où il délogea l'enneprendre le commandement de toutes les mi, en lui faisant un grand nombre de pri réserves à Metz. Le 1er avril 1814, il vota sonniers. Nommé le 6 mai suivant, mem la création d'un gouvernement provisoire bre du conseil de la guerre, il fut fait, et la déchéance de l'empereur. Nommé la même époque, inspecteur - général de quelque temps après, par le roi, commis- cavalerie dans les places de Lunéville e saire extraordinaire dans la 3e division, Nancy. Créé pair, au retour de Bonaparil fut élevé le 4 juin au rang de pair , et re- te de l'île d'Elbe, il cessa ces fonctions au çut, le 23 août, la grand'croix de l'or- retour du roi. En 1817, le comte de Val dre de St.-Louis. Demeuré sans fonctions my a intenté, devant les tribunaux deParis. pendant les cent jours, le duc de Valmy une action en divorce contre sa femme. à repris sa place dans la chambre des KELLY ( Miss), l'une des actrices les pairs, après le second retour des Bour- plus distinguées du théâtre deDrury-Lane, bons.

à Londres, doit une partie de sa célébrité KELLERMANN, comte de Valmy , à la circonstance d'avoir été l'héroïne d'u: lieutenant-général , fils du précédent, né ne scène qui faillit devenir fort tragique à Metz vers 1770, reçut son éducation à pour elle. Le 17 février 1816, remplissant Paris , au collège des Quatre-Nations. Il un des rôles de son emploi, dans la pièce servit long-temps auprès de son père, et intitulée : les Antiquités modernes, fut employé, en 1796, comme adjudant- des spectateurs dirigca sur elle,

du

pargénéral à l'armée d'Italie, où il montra terre, où il était assis, un coup de pistolet, beaucoup de bravoure, notamment le 16 qui heureusement ne l'atteignit pas. Arrê. mars,au passage du Tagliamento,où il char- té sur-le-champ, et conduit devant les gea la cavalerie ennemie avec la plus gran- magistrats, il-fut reconnu pour un jeune de impétuosité, et la culbuta, malgré plu- avocat, nommé Barnett, auquel les avansieurs coups de sabre qu'il avait reçus dans tages extérieurs de l'actrice et la grâce de la mêlée. Employé de nouveau, en 1800, à son jeu , avaient inspiré une passion viol'armée d'Italie, sous les ordres du pre- lente. Il résulta de l'examen ultérieur qui mier consul, il eut, avec Desaix', la part fut fait de cette singulière affaire, qu'il la plus active aư gain de la bataille de Ma- avait écrit à miss Kelly plusieurs lettres, rengo , où il chargea en flanc l'armée au- où respirait toute l'ivresse de l'amour; trichienne, avec une poignée de cavale- que, ne recevant pas de réponse, et se rie , au moment où Desaix l'attaquait de croyant dédaigné, il lui en avait adressé front avec la réserve. Nommé général d'autres, conçues dans les termes les plus de division , le 18 messidor an 8 (1800), menaçans , et dans lesquelles il finissait par il servit en cette qualité à l'armée d'Ita- l'appeler en duel au pistolet. L'alienation lie, commandée par Brune , et se distin- de ce jeune infortuné ayant été constatée, gua au passage du Mincio. Employé à la il fut acquitté sur le fait de la tentative de grande armée d'Allemagne, à la fin de meurtre, et remis entre les mains de ses 1805, il fut blessé à la bataille d'Auster- parens , qui répondirent de lui. litz. Il passa

ensuite à l'armée de Portu- KEMBLE (JEAN-PHILIPPE ) célèbre acgal; s'y distingua en plusieurs occasions ; teur anglais, frère de la fameuse actrice fut envoyé en parlementaire auprès des Mme Siddons, est né à Prescot, dans le genéraux anglais , après la perte de la ba- comté de Lancastre, en 1957, d'une fataille de Vimiera ; et signa, au nom du mille catholique. Il commença son éducaduc d'Abrantès (Junot), qui comman- tion en Angleterre, et la termina au coldait en chef l'armée, la capitulation de lége de Douai, Flandre française, où on le Cintra , le 30 août 1808. Le 20 mai 1809, destina à l'état ecclésiastique, et où l'on il s'empara de la ville de la Pola de Lena; prétend qu'il fut compagnon de classe de battit, au mois de novembre,le duc del Par. Talma; mais ne se sentant aucune vocaque, au combat d'Alba de Tormes, et tion pour cet état , il s'enfuit du colleges

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revint en Angleterre, et entra dans une et de succes. Il alla jouer alors sur le théâ troupe de comédiens, malgré les efforts tre de l'Opéra italien. On ouvrit, le jour de sa famille pour l'en empêcher. Il joua même, une souscription de cent actions, avec beaucoup de succès à Liverpool, de 500 liv. sterl. chacune, pour la réà Edimbourg et å York. Il fit représen- édification de la salle de Covent-Garden. ter dans cette dernière ville, une imita- Cette souscription fut remplie en vingttion de la comédie de Massinger, Nou- quatre heures. Il est intéressant de voir veau moyen de payer de vieilles dettes, le parallèle que des écrivains distingués, et une autre de la comédie des Erreurs. les auteurs du Critical-Review, ont fait Vers le même temps, il publia un petit des deux plus grands tragédiens de deus recueil de Poesies fugitives; mais, peu nations, entre lesquelles il existe tant de content de cet ouvrage , il brûla presque genres de rivalités. «L'extérieur de Kemtoute l'édition , le lendemain de sa publi- ble , 'disent ces écrivains, est plein de nocation. Pendant son séjour à York, M. blesse. 'Talma est d'une stature moins imKemble réunit d'autres acteurs pour ré- posante ; mais ils ont tous deux un buste citer des odes de Mason, de Gray et de si parfaitement romain , qu'un statuaire Collins, des contes pathétiques de Sterne, ne pourrait choisir de plus beau modèle. et d'autres morceaux en vers et en prose. Les traits de Takma sont fortement proCe nouveau genre d'amusement fut fort noncés; son regard vif et perçant leur gouté, et lui attira beaucoup d'applau- donne la mobilité la plus animée. La phydissemens. A Edimbourg, il lut une pièce sionomie de Kemble paraît faite pour exd'eloquence qui augmenta sa réputa- primer uniquement les sentimens les plus tion. De cette ville, il vint à Dublin, où elevés de l'ame humaine. L'organe de il resta deux ans, et en septembre 1783, Talma, riche et melodieux, s'élève, quand il debuta à Londres, sur le théâtre de il le veut, jusqu'à cet accent de l'héroïsDrury-Isane, par le rôle d'Hamlet. L'ac- me, qui fait le caractère principal de la cueil enthousiaste du public décida sa poesie de Voltaire. La voix de Kemble , vocation; il se voua désormais à la car- quoiqu'en général dépourvue d'harmonie, rière théâtrale, et mérita de nouveaux obéit tellement en lui à l'art du comédien, applaudissemens dans les divers roles qu'il qu'elle electrise dans Coriolan, et subremplit successivement. A la retraite de jugue dans Caton. Lorsque Kemble remM: King , il devint directeur du théâtre plit le premier de ces róles , il semble que de Drury-Lane, place qu'ilconserva pen- l'ame fière, inflexible , imperieuse du yaindant huit ans. En 1802, il visita le conti.. queur de Corioles vicnne commander nonent pour étudier les théâtres de France tre admiration. Dans Caton, sa déclama. et d'Espagne; et après avoir passé une tion noble et pure retrace avec une adannée à Paris et à Madrid , il reyint en mirable vérité des émotions moins vioAngleterre, où il fut nommé directeur du lentes. Pour donner une juste idée du dethéâtre de Covent-Garden. Les rôles dans gré de perfection auquel Kemble est parlesquels il excelle, sont ceux d'Hamlet, venu dans ce genre , nous rappellerons à de Macbeth, de Coriolan, de Caton, de nos lecteurs le personnage de Caton, au Beverley et d'Othello. Ce célèbre acteur moment où le bruit sourd des tambou s est, pour ses compatriotes, l'objet d'une voilés lui annonce l'approche du cadayre admiration passionnée, que les étrangers de son fils. Ici Kemble surpasse toute ateux-mêmes partagent jusqu'à un certain tente. Sa figure obéissante prend aussitót égard. On prétend que la fille d'un minis- l'empreinte de la vertu farouche d'un tre-d'état conçut, il y a quelques années, vieux romain : mais lorsque le convoi fuune violente passion pour Kemble. Le nèbre s'est arrêté, on pénètre à travers père, en ayant été instruit , offrit à l'ac

ce stoicisme apparent le travail secret de teurune somme de 3000 liv. sterl. , à con- la douleur paternelle. Une agitation condition qu'il épouserait sur-le-champ toute centrée, ma's violente, soulève sa poiautre femme que sa fille. Kemble accepta trine, et gonfle les muscles de son cou nu; la proposition, et épousa en consequence la nature et la patrie se livrent le plus péla veuve de M. Brereton. En 1808, un nible combat; enfin le citoyen triomphe incendie détruisit le théâtre de Covent- du père, et Caton , jetant un regard d'orGarden, et enleva à M. Kemble le fruit gueil sur le corps inanimé, s'écrie: Dieux, d'un grand nombre d'apnées de travaux je vous rends gráces , mon fils a fait son

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