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public ni en particulier, la part qui lui revoir. Lorsque les hostilités eurent comvenait de cetie gloire. En 1789, il fut nom. mencé, il quitta la Pomeranie avec le corps mé pour commander l'armée de Pologne; d'armée sous ses ordres , qui était en face et quoique l'un des plus grands antagonis- des Suédois ; penetra en Saxe, rejoignit le tes de la guerre contre la France , il corps principal, et se porta , vers la fin de fit les campagnes de 1792 , 93 et 94, septembre, sur Weimar. Il n'assista donc et montra constamment beaucoup de point aux conférences qui eurent lieu dans bravoure et d'habileté. Le 8 octobre cette ville., et dans lesquelles furent prises 1792 , le général Kalkreuth et le duc les mesures qui devinrent si fatales à la de Brunswick eurent une conférence avec Prusse. Après la bataille de Jéna , où il les généraux français Labarolière et Gal- commandait une partie du corps de réserve baud, à une demi-lieue de Verdun. Cette qui ne fut point employé, il sollicita de ville était alors occupée par les troupes Napoléon un armistice de six

semaines, qui prussiennes : l'objet de cette conférence lui fut refusé, et se retira à Brunswick, ou fut d'en obtenir l'évacuation; mais on se il arriva le 17 octobre avec le duc, blessé sépara sans avoir rien décidé. Le 11 du dangereusement. Arrivé à Kænigsberg, il même mois, le général Kalkreuth eut une fut chargé de la défense de la ville de Dantentrevue avec le général Dillon, et il lui zig , assiégée par le maréchal Lefebvre, et promit la restitution de Verdun de la part conclut, le 27 mai 1807, après 51 jours de du roi son maître. Le général Kalkreuth tranchée ouverte, une capitulation dont se distingua au siége de Mayence en 1793, les conditions furent les mêmes que celles et ce fut lui qui en signa la capitulation. qu'il avait accordées à la garnison de Il se distingua encore le 26 septembre Mayence en 1793; c'est-à-dire,que ses trou. 1793 , à la prise de Bliescastel ; le 17 no- pes ne furent pas prisonnières de guerre.La vembre, au moment de l'évacuation de manière dont il avait defendu cette place, l'Alsace par les alliés , et le 23 mai 1794, lui valut l'estime des vainqueurs , qui renauprès de Kaiserslautern. La prise de 'Tre- dirent hautement justice à la fermeté ainves, dont il s'empara dans le courant de si qu'à l'intelligence qu'il avait déployées, cette même année, donna lieu à des discus- et louèrent surtout l'artillerie prussienne, sions très - vives entre les ofliciers autri- qui, suivant le témoignage consigné dans chiens et les officiers prussiens à l'armée les Moniteurs du temps, « avait prouvé du Rhin. On reprochait au général Kal- qu'elle était de la bonne école. » L'auteur kreuth de ne faire la guerre que pour qu'il de la Galerie des caractères prussiens, qui en résultat du désavantage à la maison traite avec beaucoup de sévérité les perd'Autriche. Il répondit à cette accusation sonnages les plus distingués de ce royaupar un long mémoire, dans lequel il expo. me, ne balance pas à dire que si le gousait les motifs de sa conduite , et réfutait, verneur de Dantzig eût reçu du secours de par des faits, les griefs qui lui étaient impu- Koenigsberg ct de Memel, cette citadelle tés. Il est cependant vrai de dire qu'il ne se serait, sans aucun doute, défendue plus faisait qu'à regret la guerre contre la long-temps. Le 24 juin de cette année, le république; et il le prouva en travaillant de général Kalkreuth fut chargé, par son soutous ses moyens à empêcher, en 1794, l'ex- verain, de conclure le traite de Tilsitt avec pédition de Hollande, lorsque les Français Napoléon. Au mois de janvier 1810, le se disposaient à en faire la conquête. Aussi roi de Prusse le crea gouverneur de Berlin, se montra-t-il l'un des plus grands appro- et le chargea d'aller complimenter Napobateurs du traité de Bale. Le comte de Kal- léon à Paris, sur son mariage avec l'archikreuth fut nommé, à la fin de 1805, com- duchesse Marie-Louise. Le comte de Kalmandant des troupes prussiennes rassem- kreuth , après avoir été gouverneur de blées dans la Pomeranie; et, au mois de Breslau , fut nommé, en 1814, gouvermai 1806, gouverneur de Thorn et de neur du grand – duché de Varsovie. Ce Dantzig, colonel en chef du régiment des général est mort en 1818 , à l'âge dragons de la reine, et inspecteur-géné- d'environ 83 ans. L'auteur ci-dessus ciral de toute la cavalerie. Après avoir dé- té, prétend « qu'il doit être regardé siré la paix avec la France république, le moins comme un homme de génie que comte de Kalkreuth désira vivement la comme une tête très-lumineuse; » mais à guerre avec la France gouvernée par Na- le juger par ses divers faits d'armes, on poléon, et il y contribua de tout son pou- voit en lui l'un des officiers supérieurs qui, dans l'époque actuelle, ont le mieux sou- lui : Description politique et géographitenu la gloire de la monarchie illustrée par que des Pays-Bas , 1816, in-8. Cet ouFrederic-le-Grand.

vrage est très-rech rché, et l'auteur tram KAMPEN ( NICOLAS-GODFRIED, van), vaille en ce moment à une seconde édiest né en 1776, à Harlem , où son père est tion, augmentée et corrigée. Histoire cultivateur-fleuriste. Destiné à la librai- de la domination française en Europe ; rie, il fut envoyé à Leyde, pour y appren- 1816, 3 vol. in-8. -Une traduction en dre cet état. Ayant eu des sa jeunesse un vers blancs de la Médée d'Euripide ; goût passionné pour les lettres, il s'y ap- divers mémoires de littérature, publiés pliqua, dans cette ville depuis long-tenips dans la Mnemosyne , ouvrage perioconsacrée aux sciences, avec une ardeur dique, dont il est l'éditeur avec M. le proincroyable. Parvenu à l'âge où il faut se fesseur Tydeman. M. van Kampen a fourni choisir un état, et n'ayant aucun penchant à M. Eichhorn pour son Histoire générale pour celui auquel ses parens l'avaient des de la littérature en Europe, les matériaux tiné, il préféra s'adonner entièrement à qui concernent la Hollande. Dans tout la profession d'homme de lettres,et prouva ce qu'a produit ce profond et labobientôt qu'il ne s'était pas trompé sur sa

rieux écrivain, on remarque une vaste vocation. Il fut ensuite, pendant quelque erudition jointe à beaucoup de jugement, temps, rédacteur de la Gazette de Leyde, qualités qui ont fait le succès de ses nomet enfin, en 1816, nommé professeur (lec- breux ouvrages, dont nous n'avons cites tor) de langue allemande à l'université de que les principaux. On lui doit encore plucette ville. M. van Kampen est un de ces sieurs bonnes traductions de l'allemand et hommes, qui privés par leur naissance des du français. moyens de s'instruire, savent y suppléer KANTELAAR (JACQUES ), un des orapar cet ardent amour des lettres, dans le- teurs et écrivains hollandais dont les ouquel ils trouvent des ressources inconnues yrages jouissent d'une haute reputation, au vulgaire; il apprit plusieurs langues justement méritée , est né à Amsterpresque sans maître; il forma son style par dam en 1759. Il fit d'excellentes études de nombrenses traductions des auteurs clas- à l'université de Leyde, et s'y concilia siques, anciens et modernes, et cultiva l'amitié du célèbre professeur de langues son esprit par une lecture assidue de ces orientales, H. Schultens, qui lui inspira le modèles du bon goût. Le premier ouvrage goût de ces langues, dans lesquelles il fit qui le fit connaître comme un littérateur bientot de grands progrès. Ayant été reçu distingué est son Essai sur l'histoire de la comme candidat en theologie, il fut d'apoésie , tant chez les peuples anciens que bord appelé comme ministre des proteschez les peuples modernes, les plus con- tans-réformés à Westwoud, et ensuite à nus et les plus civilisés, couronné par la Almelo, où il embrassa avec chaleur la société de Teyler, à Harlem, en 1807, et cause des patriotes et se signala particúpublié dansla collection de ses oeuvres. Un lièrement comme un ardent defenseur des autre mémoire, adressé à la même société, citoyens de cette ville , qui réclamaient obtint quelque temps après une pareillé contre les droits seigneuriaux, des Rechterécompense; celui-ci a pour objet une ren seigneurs d'Alinelo. Ne se croyant pas Comparaison de la veriu et du bonheur en sûreté lorsque l'ancien ordre de chodes anciens avec les mêmes avantages ses fut rétabli par l'intervention prussienchez les modernes. Cet honneur lui fut ne, en 1787, il partit pour Amsterdam, décerné encore deux fois: la première par où il vécut en simple particulier, et ne s'oc. la société des sciences à Harlem , pour cupa que de l'étude des belles-lettres. En. un Mémoire sur l'utilité des traductions tre autres ouvrages, il y traduisit la vie des auteurs grecs et lotins ; la seconde du fameux baron prussien de Trenck, 3 par la même société, pour une Compa- vol. in-8. La révolulion de 1795, quianéan. raison des cinq principaux poèmes épi- tit les droits seigneuriaux pour rétablir les ques modernes, tant entre eux qu'a- droits de l'homme, dont M. Kantelaar s'é. vec ceux d'Homère et de Virgile. En fait montre toujours un des plus zelés par1808, il publia : Beauté's morales des an- tisans, apporta un grand changement dans ciens , 4 vol. in-8: ce sont des traductions sa carrière. La province d'Over-Yssel s’ho. des plus beaux passages des auteurs grecs norade l'avoir nommé député à la première et latins sur la morale. On a encore de convention nationale, quise tint à la Haye en 1796. M. Kantelaar ne tarda pas à se dam, où il est raffineur de sucre. Il est faire connaître de la manière la plus favo- membre de l'institut des Pays-Bas. rable dans cette assemblée, composée des KARAMSIN, savant Russe , qu'on dit talens les plus distingués dans la républi- étre le premier écrivain de son pays, est que, et il y figura comme l'un de ses princi- auteur d'une histoire nationale, dont il paux orateurs. On fut surtout étonné d'en- a publié, en 1816, les neuf premiers votendre cet ancien ministre du culte, disser- lumes, jusqu'à l'an 1560. Ses Lettres d'un ter sur les affaires politiques et administrati. Russe en voyage, ont été traduites en alves avecune profondeur et une élégance qui lemand par Richter , Leipzig, 1799-1800, auraient fait honneur à l'homme d'état le 4 vol. in-8. Parmi ses poésies, nous indiplus consommé. Dans cette assembléedes re- querons seulement Aglaia, Moscou, 1794, présentans de la nation, il professa toujours 2 vol. in-8. Il a traduit en russe les Noudes opinions libérales et modérées, ce qui veaux contes moraux de Marmontel. M. lui valut l'honneur d'étre incarcéré après de Bouilliers a traduit en français, Julie, le 22 janvier 1798, avec ceux de ses col- nouvelle, de Karamsin , Moscou, 1797 , lègues qui avaient fait profession des mê, in-8. Les contes de l'auteur russe ont aussi mes sentimens. Le parti des modérés ayant été traduits en allemand par Richter, heureusement triomphé le 12 juin sui- Leipzig, 1800, in-16. L'empereur Alexanvant, M. Kantelaar fut mis en liberté; on dre l'a décoré de l'ordre de Ste-Anne, l'a lui offrit plusieurs emplois aussi honora- nommé conseiller d'état , et lui a accordé, bles que lucratifs, mais il crut ne devoir pour la publication de son grand ouvrage, pas les accepter, dans les circonstances 50,000 roubles, et un logement dans une où se trouvait alors la république; il établit maison de plaisance de l'imperatrice Caun bureau d'agence et de banque, à la herine II. Haye. Après y avoir exercé cet état avec KASTEELE (PIERRE-LÉONARD VAN DE), beaucoup de succès, pendant douze ans, de la province de Hollande, fut d'abord il se retira des affaires, à cause de la pensionnaire de la ville de Haarlem, et enfaiblesse de sa santé. On lui doit plu- suite, après la révolution de 1795, memsieurs ouvrages, écrits avec beaucoup bre de la convention nationale, qu'il a de goût et dont voici les titres : Specimen même présidée, et dans laquelle il proobservationum criticarum ad quæ dam V. nonça souvent des discours pleins de raiT. Loca 1701.- Eloge de H. A. Schul- son et d'éloquence. Sous Louis Napoléon, tens, Amsterdam, 1994. Discours sur il fut à la tête de la commission de l'arl'influence qu'a exercee le progrès des lu- riéré des finances, et mourut en 1811. On mières sur le sort des femmes, prononcé a de lui des poésies qui sont estimées en dans une occasion solennelle.— Traite' sur Hollande, une traduction métrique d'Osla poésie pastorale, couronné par la so- sian, qui a réuni les suffrages des particiété des sciences d'Amsterdam , et im- sans de ce genre; 1793. Il n'en a paru que primé danslezévolume de ses auvres, 1813, le premier volume , qui est précédé d'u. in-8. En 1793, il publia avec M. Feyth ne longue préface, dans laquelle l'auteur des Considérations sur les belles-letires traite avec beaucoup de sagacité la ques(Bydragen), 3 vol. in-8, ouvrage rem- tion de savoir si les vers mesures, dans le pli d'observations judicieuses et fines; et, genre des anciens grecs et romains, peuen 1816, avec le professeur Siegenbeek, vent être introduits avec succès dans la un magasin littéraire , sous le titre d'Eu- poésie hollandaise, opinion darıs laquelle terpe, travail qui, au grand regret des il soutient l'affirmative. On lui doit enamateurs de la littérature nationale , n'a core une bonne traduction de plusieurs pas été continué par ces habiles écrivains. Odes de Klopstock et de Wieland, 1798, M. Kantelaar est encore auteur de plu- un vol. in-8. sieurs pièces de vers trés-estimées , pu- KASTNER (C. W. G.), successivebliées, pour la plus grande partie, dans ment professeur de physique et de chides recueils de poésies ou de littérature. mie aux universités de Heidelberg, Franc. Son Élégie sur la mort d'un enfant est fort, Halle et Bonn , fit la guerre dite de la un chef-d'oeuvre, et son Ode à Schimmel- délivrance, en qualité d'adjudant du feldpenninck prouve que

le genre lyrique lui maréchal Blucher, resta quelque temps à réussit tout aussi bien que l'élégiaque. M. Paris , et fut ensuite envoyé en mission à Kantelaar habite actuellement Amster- Londres. Après lapaix, il repritsa première

sans

profession. Iloccupe à juste titrelepremier disait-on , une grande fortune , rang parmi les chimistes théoréticiens et compromettre sa santé. Un tableau penseurs. Ses ouvrages, tous empreints de de cette femme célèbre , la repréla subtilité de son génie, sont: Of grund- sentc placee entre la musique et la peinriss der chimic, 2 vol. in-8, 1806, Hei- ture, qui s'efforcent de l'attirer par des delberg. Beitraege zur begrundung ei- caresses. Elle a choisi le moment où elle ner wissenschaftlichen chimic, ibid. 2 adresse de tendres adieux à la musique. vol. in-8, 1806. - Grundriss des experi- Le goût pour la peinture predomina , et mental physik, 2 vol. in-8. - Encyclo- elle cessa dès-lors de cultiver l'art de la paedische uberzetzungen, in-8. - Phy- musique avec autant de soin ; mais elle siologic der anorganischen natur, Hei- n'en resta pas moins toujours une habile delberg, 1806, in-8.- Einleitung in dic: musicienne. Dės - lors elle commença à neuere chimic, Halle, 1814, in-8. La voyager , visita successivement les princi. préface de cet ouvrage est datée du quar- pales villes d'Italie, fit à Rome, en 1764, tier du

passage de Manheim, février 1814. un cours de perspective, et partit l'année Gewerbs freund , dont il a jusqu'ici suivante pour Londres , sur l'invitation paru 8 vol. in-4. Deutscher sachbuch de quelques seigneurs anglais , qu'elle für die pharmacic, Berlin, 1819,5% vol. avait rencontrés à Venise. Arrivée dans la in-16. Cet ouvrage se continue. M. Kast- capitale de la Grande-Bretagne, elle y fut ner est membre d'un grand nombre d'a- parfaitement accueillie par le celebre Reycademies.

nolds , auprès duquel elle perfectionna ses KAUFFMANN (MARIE-ANNE-Angéli- talens, et qui bientôt éprouva pour son QUE - CATHERINE), l'une des femmes les élève un sentiment passionne , contre leplus distinguees dans la peinture, naquit à quel elle sut toutefois se défendre , d'au: Coire, pays des Grisons, en octobre 1741. tant plus qu'elle ne voulait point renonSou père, peintre assez médiocre, avait cer à l'Italie. Néanmoins cette résolution cependant approfondi les principes de son ne put la défendre des tentatives plus danart: il cultiva les dispositions qu'elle an- gereuses d'un aventurier, doué de l'exténonça de très-bonne heure, et s'attacha rieur le plus séduisant et des manières les particulièrement à lui faire connaitre la plus distinguees, qui se faisait appeler le science du coloris. Il lui fit donner en ou. comte Fréderic de Horn , et se disait notre des leçons d'histoire et de musique ; et ble Suédois. Il se fit aimer d'Angélique, Angelique, âgée de 11 ans, jouissait déjà qui lui donna sa main : mais on ne tarda d'une sorte de célébrité à Come, où son pas à découvrir que le prétendu comte père venait des établir , lorsque l'évêque n'était qu'un adroit imposteur. On peut de cette ville, ayant entendu parler du ta- juger de l'effet que produisit sur elle cette lent précoce de cette jeune fille , lui fit découverte; heureusement des amis agifaire son portrait. Le succès avec lequel rent efficacement en sa faveur, et ce malelle s'en acquitta fut la cause de sa fortu- heureux mariage fut annullé le 10 février ne. Renaud d'Este, duc de Modène, gou- 1768, par un acte de séparation. Rendue verneur de Milan , se déclara dès ce mo- à ses travaux, elle fut inscrite avec une ment son protecteur, et de nouveaux ou- sorte desolennité sur le registre des memyrages acheverent de la faire avantageu- bres de la société royale de peinture de sement connaître. Elle demandait quelque Londres. La fortune aussi commençait à temps avant d'esquisser ses portraits : en lui sourire : elle put amasser des rentes. attendant , elle épiait une attitude favori- Elle se vit chanter à-la-fois par Klopstock te de celui qu'elle devait représenter; elle et par Gessner, à qui elle envoya, en échan. cherchait adroitement un effet bien saisi ge de leurs yers, des tableaux d'un effet de clair-obscur, science que son père lui agréable. Le faux comte de Horn étant avait particulièreme jt recommandée; et mort, Angelique epousa à Londres, le 14 partoutou elle pouvait l'essayer sans alte- juillet 1781 , Antoine Zucchi, peintre vérer la vérité, elle introduisait un style nitien. Cet artiste, recommandable par le elegant et gracieux. Angelique avait at- feu de ses compositions, la fécondité de teint vingt ans. Des amis de son père l'en- l'invention, et une certaine disposition à gageaient fortement à quitter la peinture peindre avec vérité et franchise des ruines pour la musique. On voulait la faire debu- d'architecture, avait gagné des sommes asjer sur un théâtre, où elle aurait acquis, sez considérables en Angleterre. Unis par

tels

l'analogie des goûts et des talens, les deux faitement était peut-être le dessin , et cetépoux partirent pour l'Italie , séjour vers te circonstance s'explique par le genre de lequel Angelique ne cessait de tourner les travail que cette partie exige , et que la yeux. A Venise, elle composa pour uu An- décence de son sexe ne lui permettait pas glais la Mort de Léonard de Vinci, expi- de pousser trop loin. Elle inventait et desrant dans les bras de François Jer. Elle se sinait les draperies avec goût, imitant le rendit ensuite à Naples, puis à Rome, où faire du Poussin et l'antique, mais sans elle s'établit définitivement. Sa manière de servilité, et elle se refusait à trop envelopcomposer , expressive, facile, remplie de per les figures dans leurs vêtemens. Un de grâce , fut généralement approuvée. Jo- ses amis lui disait un jour : « Vos personseph II, qui était alors à Rome, voulut nages, Angelique, peuvent marcher sans aussi avoir de ses tableaux ; elle lui destina déranger leurs habillemens. » Les tableaux son Retour d' Arminius, vainqueur des de cette artiste célèbre sont répandus légions de Varus , et la Pompe funèbre de non-seulement dans les principales villes Pallas (Eneide). En 1795, Angélique per- d'Italie, mais en Angleterre et en Alledit son époux, et elle éprouva des revers magne : il s'en trouve aussi à Paris, chez de fortune. Elle avait coutume de dire des amateurs distingués. alors que deux consolations lui restaicnt : KAUFFMANN, célèbre musicien de la première qu'elle avait à remercier le Dresde , n'est pas moins connu comme mé. ciel de lui avoir conservé les deux mains; canicien. On lui doit l'invention de plula seconde de n'avoir pas oublié qu'elle sieurs instrumens,

que

le Beltonéon, avait vécu autrefois dans un état voisin de le Cordaulodion ct l'Harmonicorde , qu'il l'indigence. Elle avait l'habitude de con- a fait entendre dans diverses villes de l'Eufier au papier une foule de réflexions qui rope, et entre autres à Bruxelles et à Pa. la surprenaient dans ses travaux; et elle ris, en 1817. Il est en outre auteur d'un gardait soigneusement ces papiers , que automate-trompette, véritable chef-d'oeuI'on trouva en grand nombre après sa mort. vre de mécanique et de précision. Ces nouSur un de ces papiers, daté de 1801, elle velles conquêtes de l'art musical ont long. avait écrit : « Un jour que je trouvais des temps attiré beaucoup d'amateurs et d'ardifficultés à exprimer dans la tête de Dieu tistes aux soirées de M. Kauffmann. le père, ce que je sentais, je dis en moi- KAUNITZ-RITTBERG-QUESTENmême : Je ne veux plus tenter d'exprimer BERG (Le prince Aloys), chambellan de des choses superieures à l'imagination hu- l'empereur d'Autriche, né le 20 juin 1774, maine, et je réserve cette entreprise pour a rempli diverses ambassades au nom de la le moment où je serai dans le ciel, si ce- cour de Vienne à Dresde, à Copenhague, pendant au ciel on fait de la peinture.» à Naples et à Madrid. Il était dans cette La considération publique ne cessait de dernière résidence en 1816, lorsqu'il y l'entourer: mais sa santé dépérissait,et, at- fut reinplacé par le comte de Saurau. De taquée d'une maladie de langueur, elle y retour à Vienne, il fut nommé, dans le succomba le 5 novembre 1807. Après sa courant de cette même année, ambassamort, elle reçut les honneurs que la patrie deur auprès du St-Siége, et décoré de des arts aime à prodiguer au talent. Les l'ordre de St-Étienne de Hongrie. L'objet académiciens de St-Luc assistérent à ses de sa mission était de régler les différends funérailles. Comme à celles de Raphaël, on qui existaient encore avec la cour de Roporta derrière son corps ses deux derniers me pour les affaires ecclésiastiques. Par tableaux : on avait, en même-temps, pla- l'acte du congrès de Vienne, du 9 juin cé sur le cercueil , sa main droite, moulée 1815, le comté de Rittberg , appartenant en plåtre, posée comme quand elle tenait au prince de Kaunitz, a été enclavé dans le pinceau. Les compositions d'Angélique le territoire du royaume de Prussc.-KadKauffmann furent toujours ingénieuses , NITZ (Le comte), est aide-de-camp da raisonnées, et le fruit de longues médita- roi des Pays-Bas. tions sur les traits mythologiques ou histo- KEATE ( THOMAS), membre de la soriques qui en faisaient le sujet , ainsi que ciété royale de Londres, chirurgien de la d'une étude approfondie des écrivains qui famille royale et chirurgien en chef des en avaient parlé. Comme les Carraches, armées anglaises, jouit en Angleterre d'une elle évitait la confusion des figures. La par. très-grande réputation. Il a publié : Extie del'art qu'elle possédait le plus impar. périences sur l'hydrocèle , avec des ob-a

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