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[ Premier Cahier, depuis le rétablissement de ce Journal.]

SECONDE ÉDITION.

A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE ROYALE.

1817

LE JOURNAL DES SAVANS, entrepris en 166s et continué jusqu'en 1792, a été rétabli par le Roi en 1816, et replacé sous la direction du Garde des sceaux.

BUREAU DU JOURNAL DES SAVANS.

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MONSEIGNEUR LE GARDE DES SCEAUX, Président.

M. DACIER, de l'Institut royal de France, secrétaire perpétuel

de l'académie des inscriptions et belles-lettres.

M. le Baron SILVESTRE DE SACY, de l'Institut royal de France,
Assistans..

académie des inscriptions et belles-lettres.
M. GOSSELLIN, de l'Institut royal de France, acadénie des ins-

criptions et belles-lettres.
M. CUVIER, conseiller d'état, de l'Institut royal de France ,

secrétaire perpétuel de l'académie des sciences.
M. DAUNOU, de l'Institut royal de France, académie des inscrip-

tions et belles lettres, éditeur du Journal et secrétaire du bureau.
M. TESSIER, de l'Institut royal de France, académie des sciences.
M. QUATREMÈRE DE QUINCY, de l'Institut royal de France,

secrétaire perpétuel de l'académie des beaux-arts, et membre de

celle des inscriptions et belles lettres.
M. Biot, de l'Institut royal de France, académie des sciences.
M. VISCONTI, de l'Institut royal de France, académie des ins-

criptions et belles-lettres.
M. VANDERBOURG, de l'Institut royal de France, académie des

inscriptions et belles-letires, Auteurs..

M. RAYNOUARD, de l'Institut royal de France, secrétaire per

pétuel de l'académie française, et membre de l'académie des ins

criptions et belles-lettres,
M. RAOUL-ROCHETTE, de l'Institut royal de France, académie

des inscriptions et belles lettres.
M. CHÉZY, de l'Institut royal de France, académie des inscrip-

tions et belles-lettres,
M. V. COUSIN, maitre de conférences à l'École normale.
M. LETRONNE, de l'Institut royal de France , académie des

inscriptions et belles-lettres.
M. DULONG , professeur de physique et de chimie à l'École

royale d'Alfori.

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Il paroît chaque mois un cahier du Journal des Savans, composé de 8 feuilles ou 64 pages in-4.

Le prix de l'abonnement est de 36 fr. par an et de 40 par la poste, hors de Paris. On s'abonne chez MM. Treurel et Würtz, à Paris, rue de Bourbon, n. 17; à Strasbourg, rue des Serruriers, et à Londres, n.o 30 Soho-Square. Il faut affranchir les lettres et l'argent.

Tout ce qui neut concerner les annonces à insérer dans ce Journal, lettres, avis, mémoires, livres nouveaux, &c: doit être adressé, FRANC DE PORT, au Journal des Savans, à Paris, rue de Ménil-montant, n.° 22.

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A Practical Treatise on propelling vessels by steam, &c.;

c'est-à-dire, Traité pratique sur l'art de faire marcher les bâtimens à l'aide de la vapeur; par Robertson Buchanan, ingénieur civil, &c. Glasgow, 1816. Un vol. in-8. de 187

pages , avec seize planches. Cet ouvrage contient l'exposé des essais tentés depuis quelques années pour faire marcher les bâtimens par la vapeur, et il rend compte de l'état actuel de ce genre de navigation en Europe et en Amérique. L'emploi de la force de la vapeur est devenu aujourd'hui si général et si utile dans les arts, que nous croyons devoir faire précéder notre extrait -de quelques notions préliminaires sur cette application importante.

Dans toute machine, il y a un preinier principe de force qui imprime et distribué le mouvement à toutes les parties; c'est ce que l'on nomme le moteur. Son effort une fois connu et réglé, on peut l'employer à toute sorte d'ouvrages; on peut lui faire élever le piston d'une pompe, tirer un chariot, filer un câble, tisser une toile, mouvoir les rames d'un bateau, tourner les ailes d'un moulin. Cette variété d'effets s'obtient par la seule diversité des modes de renvois qui transmettent le mouvement. Dans les machines à vapeur, le moteur est la force élastique de la vapeur aqueuse, qui est tour-à-tour développée par la chaleur, et subitement détruite par le refroidissement.

En effet, tout le monde sait que l'eau, échauffée jusqu'à bouillir, exhale une vapeur élastique capable de soulever le poids de l'atmosphère qui la presse : c'est en cela que consiste le phénomène de l'ébullition. Mais ce que l'on sait beaucoup moins généralement, c'est qu'il s'exhale ainsi des vapeurs, de l'eau, à toute température; seulement leur quantité est plus petite et leur ressort est plus foible. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à faire passer quelques gouttes d'eau dans un tube de baromètre à travers le mercure; cette eau, par sa légèreté spécifique, s'élevera jusqu'au-dessus de la colonne de mercure où elle se trouvera dans le vide. Or, aussitôt qu'elle y sera arrivée , vous verrez la colonne de mercure intérieure s'abaisser au-dessous de la hauteur qui équilibroit le poids de l'atmosphère, et cet abaissement augmentera à mesure que la température deviendra plus chaude ; de sorte, par exemple, qu'étant d'abord presque insensible à la température de la glace fondante , il deviendra total à celle de l'ébullition, et la colonne de mercure intérieure se trouvera alors déprimée jusqu'au niveau du mercure du dehors. Mais, les choses étant dans cet état, si vous refroidissez tout-à-coup le tube, ainsi que l'eau et la vapeur qu'il renferme, aussitôt vous verrez celle-ci se condenser presque toute, en gouttelettes liquides, sur les parvis intérieures; le reste, perdant presque toute sa force élastique, ne pourra plus maintenir l'abaissement de la colonne, et le mercure remonterá subitement. Voici donc une force

que vous pouvez subitement créer et subitement détruire. Maintenant, concevez que vous ayez un cylindre de métal creux, avec un piston bien juste qui puisse s'y mouvoir d'un bout à l'autre, comme cela a lieu dans les tuyaux de pompe; puis, ce. piston étant d’al ord supposé abaissé jusqu'au bas du tuyau, introduisez par-dessous la vapeur de l'eau bouillante, tirée d'une chaudière voisine : la force élastique de cette vapeur étant égale à la pression de l'atınosphère, elle pressera le piston par

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a

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dessous autant que l'atmosphère le presse par-dessus ; car je suppose le tuyau ouvert par le haut, de manière que l'air puisse y pénétrer. Ainsi l'air et la vapeur se feront mutuellement équilibre; de façon que la plus petite force suffira pour faire mouvoir le piston le long du tuyau , et on pourra l'amener ainsi jusqu'au haut, en l'entraînant par un contre-poids. Mais quand il y sera arrivé, supposez qu'on ferme tout-à-coup la communication entre la partie inférieure du cylindre et la chaudière dont la vapeur s'exhale ; puis , ayant ainsi isolé la portion de vapeur qui est entrée dans le cylindre, condensez-la subitement par le froid, par exemple, en injectant dans le cylindre un jet d'eau froide; aussitôt la force élastique de cette vapeur s'anéantira presque entièrement; la pression de l'atmosphère sur la tête du piston n'étant plus contre-balancée par-dessous,

tendra aussitôt à le faire descendre avec toute sa force ; et comme le mouvement du piston seul est supposé presque libre, on pourra profiter de tout l'excès de cet effort pour vaincre quelque autre résistance : par exemple , pour faire mouvoir des leviers attachés au piston , et transmettre ainsi , comme on voudra, la pression qu'il supporte. Le piston étant revenu au bas de la pompe, on rétablira la communication entre sa surface inférieure et la source de vapeur chaude ; aussitôt l'équilibre de pression se reproduira; on reinontera de nouveau le piston seul, sans lui donner à vaincre d'autre effort que son propre poids et le frottement sur les parois intérieures du cylindre ; après quoi une nouvelle condensation de la vapeur déterminera de nouveau sa chute, et ainsi de suite indéfiniment.

C'étoit là précisément la machine à vapeur, non pas tout à-fait dans sa première origine, mais lorsque sa construction fut devenue assez bonne pour pouvoir servir dans les usines. Elle dut cet avantage à un Anglais nommé Newcommen, qui l'amena à cet état en 1705; et depuis , sous le nom de machine atmosphérique, elle fut long-temps et utilement employée.

Néanmoins , d'après les connoissances de physique et de mécanique que nous possédons aujourd'hui , il est facile de juger que cet appareil avoit de nombreux défauts. C'en étoit un grand, d'abord, que l'emploi nécessaire d'un ouvrier, et d'un ouvrier intelligent, pour ouvrir et fermer à propos le robinet d'injection et le robinet à vapeur, chaque fois que le piston avoit fini sa course. Une bonne mécanique doit toujours mettre elle-même en mouvement toutes ses pièces par la seule action de son premier moteur , sans aucun secours étranger. Ensuite l'introduction de la vapeur dans le cylindre froid etoit un autre inconvénient grave, par la grande destruction de la vapeur, qui en résultoit et qui se répétoit

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