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de leur mystérieuse interprétation, voulant par là justifier la conduite du poëte en nous le donnant pour un homme irréprochable aussi bien dans ses meurs que dans ses vers, La plus grande partie de ses commentateurs, comme Shemy, Surury, et les autres, s'évertuent d'expliquer dans un sens mystique les vers qui roulent sur le vin, les garçons, les plaisirs, et le mépris de la religion, comme indigne d'un bon Musulman; mais le plus habile de ces interprêtes, le favant Sudi, n'a pas voulu suivre cette méthode, disant, que quelque raison que puissent avoir les autres commentateurs, sans combattre leur bonnes intentions, il se contentera d'expliquer le ! texte littéralement. Il ne sera pas peut-être mal-à-propos, de marquer ici une anecdote, que j'ai lũ quelque part touchant Hafyz; ce grand homme étant mort, quelques-uns des Ulemas, ont fait difficulté de lui accorder la sépulture, à cause du libertinage de ses poësies, mais en fin après bien de contestations, il en sont venu au Tefal, c'est-à-dire à la pratique,

d'ouvrir son Divan au hazard, moyenant une aiguille ; le premier vers qui s'offrit à leur vûe fut le suivant:

مدار از جنازه حافظ قم دریغ اگرچه غرق گناہست میرود بیشت

Ce passage ayant été pris pour une décision du ciel, les Ulemas furent bientôt d'accord, et on le fit enterrer dans l'endroit même du Musella, devenu célèbre par ses vers. Si je ne me trompe pas, cette circonstance se trouve dans Katib celebi. Quant à moi, tout autant que je suis porté à croire que Hafyz en parlant de vin et de l'amour n'entend point finesse en cela, de même je dois avouer que je ne trouve point des obscénités en lui, ni des expressions fales et grossières .comme cela arrive assez souvent à Sadi. Je ne puis m'empêcher non plus de le regarder comme un esprit fort, et je pourrois citer cent exemples, pour montrer qu'il se

moque

du

prophète et de l'Alcoran comme quand il dit :

الخبیث خواند

ان تلخ دش کہ صوفي ام

واطي من قبل العز ارا

انا

اشي

Pour les poëtes Turcs, j'avoue que je ne les lis pas avec le même plaisir, quoique je convienne qu'il y'en a quelques-uns qui ont du mérite ; le plus agréable, à mon avis, est Ruhi Bagdady dont il y a des satyres admirables, Je ne sais pas s'il est de votre connoissance. . Mais la plupart des Turcs ne font

que

des copistes ou traducteurs des Persans, et souvent destitués de goût et d'harmonie.

Je ne puis pas déviner la raison qui vous fait trouver, Monsieur, un sens impudique dans ce beau vers de Mesihi :

الهي سن بنی ایکت سینه صلا نجه پارک سینه سینه

dont le simple fens eft : “ Mon dieu, ne m'envoyez pas au tombeau fans que j'aye auparavant embrassé mon ami,” à moins que vous ne fassiez confifter l'obfcénité dans l'amitié d'un garçon, qui est l'éternel sujet de toutes les poësies Orientales aussi bien que Grecques et quelquefois Latinęs. Je vous envoye la plus fraiche de mes traductions, en vous priant

de me la renvoyer quand vous en serez las, car je n'en ai point de copies. Je suis, avec la plus parfaite estime et vénération, Votre très humble serviteur,

REVICZKI.

No. IV.

REVICZKIUS JONESIO, S.

Londini, Martii die 7, 1768. Dicamne me literis tuis delectatum, an eruditum ? Prorsus animi pendeo, tu in literis omne punctum tuliffe videris, hoc inum reprehendendum existimo, quòd concisione peccent, etsi tu prolixitatis notam incurrere verearis. Quòd missam ad te duarum odarum versionem intemperanti laude efferas, quòdve meas esse aliquid putâris nugas, id purè putà humanitatis ac comitatis tuæ indicium effe fufpicor; quòd autem in sphalmata mea benignus animadverteris, feriò habeo gratiam, uti vice versà, quòd tam parcus fueris in castigandâ errorum meorum sylvâ, indulgentiæ tuæ adscribo. Itaque etsi summoperè cavendum mihi fit, ne, dum culparn removere ftu

deo, gratiam, quam profiteor, imminuere videar; non possum tamen apud animum meum impetrare, ut omni penitùs apologiæ superfedeam. Quare non incongruum puto monere, me nullo, sive oftentationis, five gloriæ studio, ad versus scribendos animum appuliffe, quos jam olim in scholæ limine valere juflos, non ante hos tres menses, otio me ad id pelliciente, resumsi; non alia, rñs petarlwows, ratione, quàm quòd, Latinè redditis 50 circiter odis mercurialis noftri Hafyzi;

cujus amor tantùm mihi crescit in horas, Quantùm vere novo viridis se subjicit alnus:

in ipfo progressu operis tam immanem obfervavi metaphrasis meæ à prototypo difformitatem, ut me laboris fastidium ceperit. Nam etfi præter illam inficetam, fed religiofam versionem, quam fingulis distichis subscriptam vides, aliam liberiorem et tersiorem, Latina æquè ac Gallicâ linguâ, præ manibus habeam ; tamen non est minùs discrepans à

, . ,

,Hoc eft حطيت زردوز وبر یا بان textu

,
quam

Historia aurifabri et storearum textoris.

HAFIZ.

.

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