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Les nombreuses éditions anglaises d'Hudibras, et l'estime

que

l'on fait de sa traduction en vers français, qui, malgré les difficultés inexprimables , est fidèle et rend si bien la verve de l'original, parlent assez en faveur de notre entreprise, pour nous faire espérer de voir bien accueillir cette réimpression, à l'exécution de laquelle nous avons donné les plus grands soins , sous tous les rapports.

La première édition était très-fautive; celle-ci a été exactement revue, et l'ancienne orthographe de la partie française y a été rectifiée.

Nous avons consulté trois éditions anglaises, dont celle imprimée par T. Bensley, avec les notes de Z. Grey , Londres, 1799 ou 180i, grand in-8°, 2 vol., figur. Les épreuves ont été corrigées par M. Mont...... né anglais, typographe très-exercé à ce genre de travail. Sir John Byerley, a bien voulu aussi donner ses soins à leur révision. Nous avons très-souvent eu re• cours à l'excellent dictionnaire anglais de Johnson (1), pour certaines expressions particulières à S. Butler, et dont l'orthographe paraît douteuse. Ce savant lexique, qui contient une immense quantité de citations des meilleurs auteurs anglais, entre autres de celui d'Hudibras, nous a été fort utile.

Quelques fautes ont échappé, elles sont peu impor. tantes. Une partie provient d'un inconvénient typographique difficile à éviter. Ce sont des lettres enlevées par les balles pendant le tirage'; les dernières épreuves que nous avons gardées l'attestent évidemment. Nous avons même été obligés de faire réim. primer trois cartons pour les fautes de ce genre ,

les plus graves. Les autres sont consignées à l'errata , et l'on verra facilement dans le volume la place vide des caractères sautés et la vacillation éprouvée par ceux qui étaient voisins.

(1) S. Joli son's Dictionary of the english language, with examples from the best friters. The zih eh. Vrndon, 1985, in-folio.

DU

TRADUCTEUR, (1757a).

Ce poëme, ouvrage de Samuel Butler, fut fait durant la guerre civile, qui désola l'Angleterre

(a) L'édition de Hudibras, de Londres, (Paris) 1757, contenait aussi l'AVERTISSEMENT du libraire, qui suit:

Il est étonnant que malgré les progrès qu'a faits l'anglais en France, personne n'ait tenté de traduire Hudibras en notre langue. L'estime où ce poëme se soutient depuis près d'un siècle parmi une nation éclairée, était un sûr garant qu'il ne déplairait pas à la nôtre. On m'a remis entre les mains une traduction en vers de cet ouvrage; j'ai cru être agréable au public en lui en faisant part. Je n'ai rien épargné pour mériter son suffrage. Les figures ont été pour la plupart gravées d'après les dessins du fameux Hogarth, dont les talents sont connus de toute l'Europe.

Un homme de lettres m'a conseillé de faire imprimer l'anglais à côté du français, et il s'est bien sous Charles Ier. Cette guerre, qu'on peut nommer guerre de religion, fut fomentée par une ligue soi-disant sainte, à l'exemple de celle qui avait troublé la France sous le règne d'Henri III. En France, des Catholiques se liguèrent pour extirper le Calvinisme; en Angleterre, les Presbytériens, les Indépendants, et autres sectaires, s'unirent pour abolir l'épiscopat, la liturgie de l'église anglicane alors établie par les lois, et la monarchie qui en était le soutien. Mais, ce qui fut commun à ces deux ligues, fut le fanatisme affreux qui causa la desolation des deux royaumes et le meurtre des deux rois.

Pour dévoiler l'hypocrisie et l'extravagance des fanatiques des différentes sectes qui s'étaient unies sans s'aimer, ni s'estimer, l'auteur a fait Hudibras, héros du poëme, presbytérien, et Ralpho, son écuyer, indépendant; et dans les conversa

voulu charger, à ma prière, de joindre à la traduction quelques notes pour faciliter l'intelligence des endroits obscurs. La plupart de ces notes rappellent des traits historiques auxquels l'auteur fait allusion, et quelques-unes donnent des éclaircissements sur des endroits difficiles du texte,

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