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cruautés, il avait toujours à la bouche ces paroles : a Maudit soit celui qui fait l'ouvrage du Seigneur avec « négligence.

(164) Est bâtie une citadelle.
Ceci est une description pompeuse

des
ceps,

l'on met les pieds des malfaiteurs. Tout auprès est un poteau où l'on attache ceux qui sont destinés à être fustigés.

(165) Ou prison , faite pour les mains. Description du poteau où pendent des bracelets de fer qu'on met aux poignets de ceux qu'on fustige.

(166) Comme étranger on lui fit grace. On croit que cela fait allusion au chevalier Gascoing, qui, ayant été fait prisonnier à Colchester, ne fut point arquebusé avec les autres, comme le portait sa sentence, parce qu'on apprit qu'il était florentin, et qu'il avait beaucoup de crédit dans sa patrie.

CHANT III.

(167)

En la chanson, Ah ! si quelque jour. plus au long. Butler fait ici allusion à l'ancienne ballade , qui come mence par ces mots : « Quoi! si un jour, un mois , « une année, couronnent tes plaisirs , et t'apportent un · contentement long-temps desiré; le hasard d'une nuit * ou d'une heure, ne saurait-il traverser tes plaisirs, et « te causer autant de cruels tourments ?

Wbat if a day, or a month, or a year

Crown thy delights
With a thousand wish'd contentings?
Cannot the chance of a night or an hour

Cross thy delights.
With as many sad tormentings, etc.
(168) Que son église chanterait

Un Te Deurn. Le parlement avait coutume d'ordonner des actions de grâce publiques pour les moindres escarmouches, et les plus petits avantages qu'il remportait sur l'armée du roi. Les prédicateurs faisaient retentir la chaire des éloges de celui qui avait commandé, élevaient sa valeur et sa conduite, et exagéraient le nombre des morts et des prisonniers. (169) Et tout l'honneur s'approprier,

Qu'avait gagné le chevalier. Allusion aux plaintes réelles et bien fondées que formaient les généraux presbytériens contre les indépendants, qui ayant fait porter par la chambre des communes l'ordonnance de Self-Denying, (renoncement à son intérêt personnel, ) par laquelle les membres de la chambre deyaient être exclus des emplois civils et militaires, trouvèrent cependant le moyen de s'en faire exempter, et gagnèrent ensuite avec l'armée le dessus sur le parlement , qui était presque tout composé de presbytériens.

(170) Comme jadis fit Widdrington. Anglois, qui se distingua sous Richard II par la valeur qu'il témoigna dans la bataille d'Otterbourn, que les Anglais perdirent en 1388 contre les Écossais. Ayant perdu les deux jambes dans le combat, il con. tinua à se battre sur les moignons. On l'a célébré dans la fameuse ballade, qu'on appelle Chevy Chase. (171)

Qu'en arrière, Le Parthe aux Romains décochait. La cavalerie des Parthes fondait avec impétuosité sur l'ennemi et se retirait de même ; mais dans cette fuite apparente, elle lançait avec beaucoup d'adresse des traits qui mettaient souvent les ennemis en désordre.

(172) Qui sur épis de blé courait. Camille, reine des Volsques, alla au secours de Turnus et des Latins contre Enée. Elle se signala par sa valeur, et fut tuée en trahison par Aruns. Virgile voulant exprimer poétiquement sa légèreté à la course, dit qu'elle devançait les vents, qu'elle aurait cousu sur une plaine couverte de blés sans endommager les épis, et sur les eaux sans se mouiller la plante des pieds,

(173) Trulla le baillon leur mettait. To stave and tail, est une expression fort commune à Bear-Garden , pour dire séparer les chiens de l'ours ; ce qui se fait en leur passant un bâton dans la gueule

et en les tirant par la queue. On emploie quelquefois cette expression dans le style figuré.

(174) Qu’au talon qui resta païen. Achille fut plongé dans le Styx par sa mère Thétis, ce qui le rendit invulnérable par

tout le

corps, excepté au talon, par où sa mère le tenait. Påris le perça en cet endroit d'un coup de flèche, dont il mourut.

(175) Car comme un archiduc d'Autriche. Albert, archiduc d'Autriche, frère de l'empereur Rodolphe II, voyant ses soldats plier dans une bataille qu'il donna, en 1598, contre le prince Maurice de Nassau , jeta son armure de tête. Il eut incontinent l'oreille emportée d'un coup de pique. Sa bravoure ne l'empêcha pas d'être défait. (176) Et depuis peu bien des oreilles

Ont eu catastrophes pareilles. Cela fait allusion à Prynn, Bastwick et Burton, qui pour des causes assez légères eurent les oreilles coupées , et furent transportés dans des îles voisines de l'Angleterre. Le roi ayant convoqué un parlement en 1640, cette cour rappela les trois exilés , qui furent défrayés par-tout, et reçus avec mille démonstrations de joie. Lorsqu'ils furent proche de Londres, plus de dix mille personnes allèrent au-devant d'eux, portant å la main des branches d'arbre et des fleurs. Les membres de la chambre étoilée, qui avaient donné leurs voix contre eux, furent condamnés à payer à chacun plus de 4000 livres sterling.

(177) Comme Hercule fit pour Hylas. Hylas, favori d'Hercule, l'accompagna à l'expédition des Argonautes. Les nymphes l’enlevèrent, à ce que rapporte la fable, tandis qu'il puisait de l'eau dans une fontaine. Hercule le pleura beaucoup.

(178) Vas-ta pour mon ( écho) chagrin. On a changé quelques mots afin de faire l'écho; le reste est de même

que

dans l'original. (179) De tirer la barbe da diable. C'est une expression fort ordinaire en Angleterre, pour exprimer une chose où il y a beaucoup de risques. On sait d'ailleurs l'honneur que les Espagnols attachent à leur barbe, et que si on la leur tire, c'est un affront qu'ils ne peuvent laver que dans le sang de leur en-. nemi. Don Sébastien de Cobarruvias fait à ce sujet-là le conte suivant : « Cid-Rai Dios, gentilhomme espa«gnol, étant mort, un Juif, qui le haïssait mortelle

ment, se glissa secrètement dans la chambre où le • corps reposait sur, un lit de parade ; il se mettait

déja en posture de lui tirer la barbe , lorsque le corps. u se leva soudain, et tirant à moitié son épée qui se a trouvait près de lui, causa une telle frayeur au Juif

qu'il s'enfuit de la chambre comme s'il eût eu cinq • cents diables à ses trousses. Le corps se remit ensuite • sur le lit comme auparavant. » (180)

Sur la terre
D'une fringante douairière.
La veuve pour qui le chevalier soupire, était une

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