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tuairement autour de Westminster, en criant: Point d'évêques, point d'évéques. On croit que ce tumulte était fomenté

par

la chambre des communes. (146) Que les saints portaient leurs vaisselles. Quelque temps auparavant on avait beaucoup murmuré à cause de quelques impôts légers que le roi avait mis de son chef sur la nation; et l'on payait avec plaisir celui que le parlement avait mis sur la vaisselle. Un de ces prétendus saints remercie le Seigneur, dans une prière qui s'est conservée jusqu'à nous, de ce qu'il a bien voulu répandre sur lui ses bénédictions temporelles, et de ce qu'il l'a mis en état de payer au parlement pour sa vaisselle quinze livres sterling.

(147) Jadis dents de dragon semées. Cadmus , qui cherchait Europe sa sour, que Jupiter changé en taureau avait enlevée, arriva en Béotie , où l'un de ses compagnons fut dévoré par un serpent. Il tua ce monstre et en sema les dents dans une terre, d'où sortirent des soldats armés qui s'entretuèrent tous, excepté cinq qui lui aidèrent à bâtir la ville de Thèbes.

(148) Attire le mâle éléphant. Lorsqu'on veut prendre un éléphant, on fait entrer dans un endroit environné d'un fossé une femelle apprivoisée. Dès que l'éléphant est entré, on ote les planches qui lui avaient servi de pont pour passer, et on tâche de l'apprivoiser par la faim.

(149) Elle doit avancer l'église. Ces fanatiques osaient, dans leurs prières, prescrire à Dieu ce qu'il devait faire.

(150) Librement lui disant en face. L'armée qui était presque toute composée d'indépendants, après avoir soutenu suivant les idées d'alors la liberté publique, opprima le parlement qui était presque tout presbytérien, en chassa les membres presbytériens qui furent remplacés par les indépendants. Ce fut ce parlement tout indépendant, et créature de l'armée, qui fit trancher la tête à Charles I.

(151) Se faisait placets à lui-même. Quand quelques - uns des membres de la chambre des communes voulaient faire passer des bills, qu'ils craignaient de voir rejetés à la pluralité des voix, ils dressaient une requête au parlement, qu'ils envoyaient à leurs amis dans les provinces pour la faire signer par le plus de personnes qu'il se pourrait. Cette requête revenait ensuite au parlement, et passait pour le væu des provinces.

(152) Quand on jure un et cætera. L'anglais dit : Et n'est-ce pas le même cas que • celui de ceux qui jurèrent un et cætera? » C'est un trait de satire contre le clergé anglican qui, dans son assemblée du commencement de l'année 1640, dressa une formule dont il fit jurer l'observation à tous ceux de son ordre. On y lisait cette clause : « Je ne consen.

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tirai jamais qu'on altère le gouvernement de cette église , et qu'elle ait à sa tête d'autres personnes que des archevêques, évêques, doyens, archi

doyens, etc. » Cette clause du sixième canon de cette assemblée fit beaucoup crier. Butler compare ce sermon, qu'on appela et cætera , à celui de la ligue ou

covenant.

(153) Qui de tout le mal est la cause. C'est une plaisanterie contre le parlement, qui vou. lait exiger du roi qu'il lui remît ses conseillers, afin d'en faire justice.

(154) Exercer ton chétif emploi. Les juges-de-paix font en Angleterre å-peu-près les mêmes fonctions que les commissaires de quartier à Paris.

(155) Dans comités selon l'usage. Il s'agit ici des comités établis par le long parlement, que l'auteur, qui était royaliste, trouve pleins d'injustice. Un auteur, du même parti, dit qu'on pourrait aussi aisément trouver de la charité en enfer

que

de la justice et de l'équité dans un comité. Le roi, continue le même auteur, a détruit une chambre étoilée, et le parlement en élève cent sur ses ruines.

(156) S’étant en rouille travestie. Les pistolets du chevalier étaient, faute d'usage, tellement rouillés qu'il ne put s'en servir. L'auteur paraît se moquer, en cet endroit, de ces poëtes stériles qui font intervenir les divinités à tout propos, et lorsqu'ils ne savent plus que dire. Le commentateur de Butler pense que c'est une plaisanterie contre les héros d'Homère et de Virgile, qui ne font rien sans l'intervention d'une divinité. Je crois Butler trop judicieux

pour

avoir formé un tel dessein.

(157) Et comme Sancho qu’on beruait. Cette aventure arriva à l'auberge que Don Quichotte prit pour un château. ( Voyez vol. 1, chap. 8.)

(158) Il se démit de son emploi. Pendant les guerres civiles, si le roi se trouvait dans des circonstances fâcheuses, ses serviteurs en profi. taient pour lui faire des demandes exorbitantes et tout-à-fait déraisonnables ; s'il les refusait, ils passaient dans le parti opposé. La même chose arrivait parmi les parlementaires.

(159) Lâchait son arine sous lui. La peur a communément cet effet.

(160) Pour posséder la créature. Quelques sectaires de ce temps-là prétendaient que toute propriété n'était appuyée que sur la grace. Ainsi, si quelqu'un en était privé, s'il n'était pas saint, je veux dire s'il n'était pas de leur parti, dès - lors même il n'avait droit de jouir d'aucuns biens, pouvait légitimement le dépouiller de tout ce qu'il possédait.

on

a

a munes,

(161) C'est au nom de mon chevalier. Trait de satire contre le parlement, qui violait souvent la capitulation accordée par ses généraux, en voici un exemple : « Le château de Pennis se rendit « le 16 août 1646; Fairfax, général pour le parlement, « accorda aux assiégés des conditions honorables qui « furent acceptées. Mais le parlement ayant appris que

lorsque le château se rendit il n'y avait plus dedans « de provisions que pour vingt heures, ne voulut

point tenir les engagements pris par le général, qui & fut obligé d'écrire à l'orateur de la chambre des com

que ce serait une tache dont ils ne pourraient jamais se laver. »

(162) Faire son procès en justice. Ceci a rapport au lord Copel, que le parlement fit mourir, quoique le général Fairfax lui eût accordé la vie. ( Voyez Rapin Thoyras, vol. 10, pag. 8, etc.) (163) Et par

fois pour

l'ordre de Dieu. Quoique les rebelles eussent donné quartier et promis de sauver la vie aux prisonniers qu'ils faisaient; si quelqu'un d'entre eux jugeait à-propos de les faire mourir, il n'avait qu'à dire qu'il lui avait été révélé que le prisonnier ne devait pas vivre, et aussitôt on le pendait. Un certain Harrison, boucher de profession, et depuis colonel dans l'armée du parlement, était fort connu par les meurtres de plusieurs prisonniers à qui on avait donné quartier; et au milieu de ces

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