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Car comme dans combat guerrier,
Où l'on a fer et bouclier,
Toute la force de l'épée
Par le bouclier est parée ;
Les

arguments, pour la plupart,
Tombent sur les termes de l'art;
Quand la dose en est épuisée,
Vient la question agitée.

Tu t'es , dit Hudibras, sauvé En prenant d'un autre côté; Car tu viens de changer la thèse, Et pour une autre aussi mauvaise ; Mais différente tout autant , Que le noir diffère du blanc. Car du presbyterianisme, Objet de ton premier sophisme, Tu passes

à l'humain savoir; Choses qu'on ne peut concevoir Etre semblables en idée, Hors de ta tête mal timbrée. Mais quand j'aurai l'occasion, Je te convaincrai par raison. Car pour en parler à mon aise, Ici la place est trop mauvaise. (222) Tâchons de reposer nos os Fatigués par d'autres travaux.

Fin du troisième Chani.

NOTES

SUR

HUDIBRAS.

CHANT I.

(1) Qui n'est qu'à moitié contée. Trait de satire contre Gundibert, poëme héroïque du chevalier Guillaume Davenant. Nous aurons occasion d'en parler dans la suite.

(2) Quand gros mots, craintes, jalousies. L'auteur entend par gros mots tous ces termes de jargon dont faisaient usage les presbytériens et autres sectaires de ce temps-là. Ils s'appelaient les élus, les saints, les prédestinés; et ceux qui souhaitaient conserver la constitution établie dans le gouvernementet dans l'église étaient des papistes, des prélatistes, des mal-intentionnés, des réprouvés, des scélérats, etc.

(3) Quand le trompette d'évangile. Les presbytériens, dont plusieurs s'étaient glissés dans les églises paroissiales avant la guerre, excitaient par leurs prédications séditieuses le peuple à prendre

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les armes, à combattre, pour me servir de leurs termes, pour le Seigneur, à déraciner les Amalécites et à détruire les impies de dessus la surface de la terre , c'est-à-dire, suivant eux, tous ceux qui aimaient le roi, les évèques et la liturgie de l'église anglicane.

(4) Lors le chevalier prit le large. On

pense que le héros de ce poëme est le chevalier Samuel Luke, qui non seulement était colonel dans l'armée du parlement, mais encore premier juge dans les comtés de Bedford et de Surrey. ( Voyez l'Histoire des Indépendants , par Walker.) Il n'y a cependant rien de moins sûr que la plupart de ces allusions que le commentateur d'Hudibras a prétendu trouver entre les personnages du poëme et ceux qui jouèrent un si grand rôle pendant la rebellion. Suivant toutes les apparences, S. Butler n'a eu d'autre but que de tourner en ridicule en la personne d'Hudibras , les presbytériens en général, et les indépendants en celle de Ralpho, sans avoir dessein de désigner qui que ce soit. (5) Dont le fier genou, de sa vie ,

Ne plia qu'à chevalerie. Les presbytériens ne se mettent jamais à genoux, pas même à la communion. Les chevaliers s'y mettent à leur réception et reçoivent un coup d'épée sur l'épaule.

(6) A juger ou vider querelle. Hudibras comme colonel se battait, et comme juge

de-paix, il jugeait les querelles et les petits délits qui se commettaient.

(7) La chatte dont se plaint Montagne.

Quand je me joue à ma chatte , qui sçait si elle passe son temps de moy plus que je ne fay d'elle ? « Nous nous entretenons de singeries réciproques. Si « j'ay mon heure de commencer ou de refuser, aussi « a-t-elle la sienne; » et plus bas, en parlant des animaux : « ils nous peuvent estimer bestes comme nous « les estimons. »

Montaigne, Paris 1725, tome II, page 140. (8) Même jugement d'Hadibras. Geoffroy de Monmouth, évêque de Saint-Asaph, fait mention dans son Histoire fabuleuse, d'un roi breton de ce nom, qui vivait dans le même siècle que Salomon; mais il y a plus d'apparence que S. Butler fait allusion à un des chevaliers de Spenser:

He that made love unto the eldest Dame,
Was hight Sir Hudibras, an hardy man.
Fairy queen. book 2

canto 2 , V. 17. « Celui qui fit l'amour à l'aînée des trois seurs s'appe« lait sire Hudibras, homme vaillant. »

(9) Que latin il vous eût parlé. C'était la fureur de ce siècle de vouloir des harangues et des sermons remplis de passages latins. Le D' Pocock, un des plus grands savants de ce siècle, n'avait pas cette manie. Un de ses amis passant par le village de Childrey s'informa du nom du ministre et s'il était

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