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CANAYE ( PHILIPPE , sieur DE n'était pas grand politique ; aussi ses FRESNE DE ), né à Paris en 1551, lettres et ses mémoires, relatifs aux de Jacques de Canaye, célèbre avocat, diverses ambassades dont il avait été qui avait été nommé pour travailler chargé, présentent peu d'intérêt. Ces à la réforme de la coutume de Pa- pièces ont été recueillies par le P. Roris, fut élevé dans les principes du bert ( Regnault), minime, avec un calvinisme. A l'âge de quinze ans, il sommaire de la vie de Philippe de voyagea en Allemagne et en Italie, et Canaye, Paris, 1635-36, 3 vol. in-fol. profita même d'une circonstance fa- Les pièces les plus importantes sont, vorable pour se

rendre en Turkie. Il au 1er. volume, le procès du maréchal écrivit la relation de son séjour à Cons- de Biron, redigé par de La Guesle, tantinople, sous le titre d'Ephéméri- procureur général, et au 3o., l'hisdes , et revint à Paris, où il suivit le toire des démêlés de la république de barreau pendant quelques années avec

Venise avec

les
papes

Clément VIII et une assez grande distinction. Henri III Paul V.

W-S. le nomma conseiller d’état , place CANAYE ( JEAN ), jésuite, né à qu'il remplit de manière à se concilier Paris en 1594, professa les humanil'estime des

personnes mêmes qui ne tés dans cette ville, au college de Cler. partageaient pas ses opinions. Hen- mont, fut ensuite recteur du college ri IV le fit président de la chambre de Moulins, puis de celui de Blois; mi-partie de Castres , et il s'acquitta s'acquit quelque réputation comme de ses nouvelles fonctions avec beau- prédicateur, et parvint à être nommé coup d'intégrité. Il fut ensuite employé supérieur des hôpitaux de l'armée de à des commissions délicates, tant en Flandre. Il est moins connu par ses Angleterre qu'en Allemagne, avec le talents et par les emplois qu'il a exertitre d'ambassadeur. Chargé d'assister ces que par un petit ouvrage inséré à la célèbre conférence qui eut lieu à dans les æuvres de St.-Évremond, Fontainebleau, en 1600, entre Du- intitulé : Conversation du maré plessis Mornay, pour les calvinistes, chal ďHocquincourt et du P. Ca. et Du Perron, évêque d'Evreux, pour naye. Quelques-uns attribuent ce morles catholiques, Canaye fut ébranlé ceau à Charleval. L'auteur a eu pour dans sa croyance ; il eut ensuite à but de jeter du ridicule sur les prinVenise, avec le P. Possevin, des con- cipes des jésuites, concernant la grâférences qui le déterminèrent à abju- ce. Rien de plus ingénieux que le carer le calvinisme. Le pape Clément dre qu'il a imaginé. Les caractères des VIII le félicita de sa conversion par deux interlocuteurs sont parfaitement une lettre fort obligeante, et ce fut pro- soutenus , et le contraste de la franbablement à celle circonstance qu'il chise un peu grossière du yieux guerdut d'être nommé, l'année suivante, rier avec la circonspection et l'embarambassadeur à Venise, avec la com- ras du jésuite est très plaisant. Le mission de terminer les différends P. Canaye est auteur : I. d'un Resurvenus entre cette république et la cueil de lettres des plus saints et cour de Rome; il y réussit à la satisfac- meilleurs esprits de l'antiquité toution des deux parties. Il mourut à son chant la vanité du monde, Paris, retour en France, le février 1610. 1628, in-8°.: l'abbé de Marolles faiPh.de Canaye était un honnête homme, sait cas de ce recueil, ce qui ne prouroulant sincèrement le bien; mais il ve rien pour son mérite; II. des Vers

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français et latins , imprimés dans cienne philosophie. Il donna deux le volume intitulé : Ludovici XIII mémoires sur Thalès, chef de l'école triumphus de Rupella capta, Paris, ionienne , et sur Anaximandre, son 1628, in-4. Il est mort à Rouen, disciple. On y trouve des recherches le 26 février 1670.

W-s.

intéressantes sur leurs vies, leurs déCANAYE (ÉTIENNE DE), arrière- couvertes en astronomie, leur système petit-neveu de Philippe, et cousin- touchant les causes premières ; et, de germain de Jean, dont on vient de l'examen approfondi de ce système, parler dans les deux articles précé- considéré sous tous ses rapports , il dents, naquit à Paris, le 7 septembre tire des conséquences peu favorables 1694. Il était fils et petit-fils de deux à la doctrine de l'école ionienne. Sa doyens du parlement. Après qu'il eut paresse naturelle, sonindifférence pour fait son cours de théologie au sémi- la gloire littéraire, le désespoir de naire de St.-Magloire, son père le jamais pouvoir tirer quelque chose de pressa de prendre une charge de con- satisfaisant de l'ancienne philosophie, seiller-clerc, et ce fut pour se sous- la crainte peut-être de se voir engagé traire à ses importunités qu'il entra , dans la guerre qui commença vers en 17:6, dans la congrégation de cette époque entre les philosophes et l'Oratoire, dont le P. de Latour, son les théologiens, le déterminèrent à proche parent, était général. Il professa quitter cette carrière, et sa retraite fut la philosophie avec beaucoup de dis- l'objet d'un mémoire très piquant, tinction au collége de Juilly, en sortit qu'il lut à l'académie ; mais qu'il n'a en 1728, pour complaire à sa famille, pas jugé à propos de rendre public. et fut reçu, la même année, de l'aca- Cette retraite ne fut pourtant pas endémie des inscriptions. Le recueil de tièrement oisive. C'est ce qu'attestent cette compagnie ne renferme que

trois ses livres, chargés de notes savantes, mémoires de lui ; ils sont écrits avec surtout son Homère, pour lequel il un ordre, une précision et une élé- avait une telle passion, qu'il le savait gance qui les font lire avec le plus presque tout par ceur. L'auteur de son grand intérêt, et donnent du regret éloge, parmi ceux de l'académie des qu'il n'en ait pas multiplie le nombre. inscriptions, dit qu'il avait fait, dans Quand ses amis lui reprochaient, à cet sa jeunesse, des notes intéressantes égard, de ne pas enrichir le public du sur Florent Chrétien, qui furent perfruit de ses études : « Je veux toujours dues, à son grand regret , par la ina» demeurer dans la foule , leur répon- ladresse de ses domestiques, qui n'en » dait-il. En littérature, comme au connaissaient pas le prix. L'anecdote » theâtre, le plaisir est rarement pour est rapportée d'une manière bien diffé» les acteurs. » Le premier de ces

l'abbé de St.-Léger : il dit mémoires est sur l’Areopage. Il y re- que Florent Chrétien, grand-oncle de cherche l'origine et la fondation de ce l'abbé Canaye, avait rempli un tonneau tribunal, examine les qualités des ju- de corrections et de remarques sur les ges, la forme de l'instruction et le auteurs grecs , écrites sur de petites jugement des affaires. La connaissance bandes de papier; que Cauaye, enfant profonde qu'il avait de la langue grec et fort espiègle, ayant découvert le que et son goût décidé pour les ma- tonneau dans le coin d'un cabinet, tières philosophiques l'avaient déter- s'amusa , avec ses frères, à brûler, miné à débrouiller le chaos de l'an- déchiqueter, faire voler ces morceaux

rente par

F

rence peu

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de papier, de sorte que le tonneau fut pendant la minorité de leurs fils. Plubientôt vide. L'abbé de St. - Léger sieurs auteurs anciens pretendent que ajoute, ce qui supposerait une indiffé- c'était la coutume des Éthiopiens d'e

honorable dans un homme tre gouvernés par des reines qui s'apde lettres, que Canaye, à quatre-vingts pelaient Candaces (Voy. les ouvrages ans, riait encore aux éclats de cette de Pline, Eusébe, Strabon, Ptolémée, espieglerie de son enfance, qui avait etc.)Suidas parle d'une Candace qui fit causé une perte irréparable. Le même prisonnier Alexandre-le-Grand, ce bibliographe raconte que d'Alembert,

qui est sans doute une fable.

Une ami de l'abbé Canaye, auquel il a dédié autre CANDACE, privée d'un ceil, fit son Essai sur les

gens

de lettres, lui une irruption en Égypte, sous le rèayant présenté le manuscrit du Dis- gne d'Auguste, l'an 20 avant J.-C. cours préliminaire de l'Encyclopé. Elle prit et pilla toutes les villes sur die , l'abbé, après l'avoir parcouru, le son passage, jusqu'à Éléphantine ; jeta au milieu de la chambre, en disant: mais T. Petronius, préfet de l'Égypte, « Fi donc! cela ne vaut rien ; » qu'en- s'étant mis à sa poursuite, pénétra suite il l'apostilla , le retoucha, fit des dans ses états qu'il pilla à son tour, ce retranchements , et de nombreuses ad- qui la força de rendre le butin qu'elle ditions, lui donna de la couleur, de avait fait et de demander la paix. la vie, et en fit un chef-d'auvre( Rem. Il est question dans les Actes des à la suite de la notice de Mercier- apôtres, ch. VIII, v. 27,

d'une auSt.-Léger, par M. Chardon de la tre Candace, reine d'Ethiopie, dont Rochette ). L'abbé de Capaye portait l'un des eunuques fut baptisé par S. dans la société les qualités les plus Philippe.

C-R. propres à rendre un homme aimable, CANDALE (HENRI DE NOGARET intéressant, et surtout une singulière D'ÉPERNON, duc de), fils aîné du fa: indifférence pour tout ce qui n'est meux duc d'Epernon, fut

gouverneur bon qu'à flaiter la vanité. On rap- de l’Angoumois, de la Saintonge et de porte à ce sujet, qu’un de ses amis, l’Aunis, en survivance de son père, voyant dans la chapelle de son château en 1596. En 1612, entraîné par de de Montereau , diverses armoiries, et mauvais conseils, il s'éloigna de son lui demandant quelles étaient les sien- père, et se rendit, l'année suivante, à nes, il lui fallut recourir à son cachet la cour de l'empereur. Il offrit ses serpour satisfaire à la question, et que vices au grand-duc de Toscane, qui arc'était pour la première fois de sa vie mait contre les Turks, et il s'embarqua qu'il avait pensé à l'examiner. Son sur la flotte de ce prince, à Civita-Vecexcellente constitution et la régularité chia. Il fit des prodiges de valeur à constante de sa vie lui conservèrent l'attaque d'Agliman, forteresse impor. une santé ferme et vigoureuse jusqu'à tante dans la Caramanie : on lui dut le la fin de sa longue carrière. Il mourut succès de cette expédition. La forteresse des suites d'une attaque d'apoplexie, fut prise, pillée et ruinée par les Flole 12 mars 1782.

TD. rentins. En 1614, il fut fait premier CANDAGE. On donnait ce nom à gentilhomme de la chambre du roi la mère du roi, dans l'ile de Méroé, Louis XIII. Quelques mois après , em. au-dessus de Syéné. Il est question porté par le dépit, il prit le parti des dans l'histoire de quelques reines de princes, parut embrasser le calvinisec nom, qui gouyernaient sans doute me, et, daps upe assemblée des calvipisie

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tes de Nîmes, en 1615, il fut déclaré rie française. Il fut pourvu, la même général des Cévennes. Rendu bientôt année, du gouvernement d'Auvergne après à sa religion et à son père, il sur la démission du cardinal Mazarin, rentra dans le devoir. La guerre se et commandal'arméede Guyenne après ralluma en 1f121, entre l'Espagne et le comte d'Harcourt en 1632. Licutela Hollande; il servit sous le prince nant-général de l'armée de Catalogne d'Orange, général des Hollandais, en sous le prince de Conti et le maré. qualité de colonel d'un régiment d’in- chal d'Hocquincourt en 1654 , il fanterie. En 1622, il se jeta dans Bere concourut à la prise de différentes gue, assiégée par Spinola , et se si- villes. Après le départ du prince de gnala à toutes les attaques où il se Conti, il commanda en chef cette même trouva. Il se demit alors des gouverne- armée; mais le peu de troupes qu'il ments d'Angoumois, de Saintonge et avait et des pluies continuelles ne lui d'Aunis. Il commanda les troupes de permettant pas de tenir la campagne, la république de Venise dans la Val- il revint en France, et tomba malade à leline, en 1624. Il fut en 1630 géné Lyon, où il mourut le 28 janvier 1658. ral de l'infanterie vénitienne; cheva- Son oraison funèbre fut prononcée par lier des ordres du roi en 1633. Mé- . le P. Jacques d'Autun (de Chevanes), conteut de n'avoir pas obtenu le bâton capucin, Dijon, 1658, in-4°., et par de maréchal de France, aigri contre plusieurs autres. On peut voir dans le cardinal de Richelieu, il retourna à Saint-Eyremont un portrait intéresVenise, dont la seigneurie l'élut géné- sant de ce brillant chevalier, qui pasralissime de ses armées. Le cardinal de sait pour le personnage le plus gaLa Valette , son frère, ménagea son lant de son siècle. Suzanne-Henraccommodement avec le cardinal de riette de Foix de CANDALE se rendit Richelieu. Il revint en France, et fut, recommandable par sa piété. Son neen 1636, lieutenant-général de l'armée veu Belsunce a écrit sa vie (Voy. de Guyenne, sous le duc d'Epernon, BELSUNCE).

D. L. G. son père , puis de l'armée de Picardie, CANDAMO ( FRANCISCO BANDES et enfin de celle d'Italie, sous le car- Y ), auteur dramatique espagnol, dinal de la Valette; il y commanda jus- d'une famille noble dans le royaume qu'à sa mort, arrivée à Casal, le u des Asturies, travailla pour le théâtre février 1639. Il avait quarante-huit de Madrid, reçut de Charles II une ans.

D. L. C. pension qui cessa d'être payée penCANDALE (Louis-CHARLES-GAS- dant la guerre de la succession, et TON DE NOGARET DE Foix, duc de), mourut dans l'indigence en 1909. Suiné à Metz en 1627, était fils de Ber- vant Velasquez, les pièces de Candanard de Nogaret, duc d'Epernon, et mo méritent le succès qu'elles obtinde Gabrielle-Angélique , légitimée de rent à la fin du 17° siècle : « La vraiFrance, fille naturelle de Henri IV, » semblance y est, dit-il, conservée; petit-fils du fameux duc d'Epernon , et v les incidents sont naturels, les caracneveu du précédent. Il eut en 1649 > tères bien tracés, le dialogue spirituel un régiment d'infanterie de son nom, » et le style clégant. » En-deçà des Pycommanda les troupes en Guyenne, rénées, cet éloge peut paraître exagésous le duc d'Epernon son père, qui ré. Une des meilleures pièces de Canconsentit en 1652 à lni céder la damo est sa comédie héroïque, inticharge de colonel-général de l'infante- tulée : el Esclavo en grillos de oro

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V-VE.

( l'esclave aux chaînes d'or); on y laissa le choix qu’entre sa prompto trouve cependant de longs et fades mort et le meurtre de son roi. Candiscours écrits en vers assez harmo- daule fut assassiné, et Gygès devint nieux, et un mélange ridicule de scè- possesseur de sa femme et de son nes historiques et de scènes romanes- royaume. Quelques auteurs ont pensé ques. Le sujet de la pièce est tiré de qu'une passion secrète de la reine avait l'histoire de Trajan. Linguet a traduit eu autant de part que la faute de Cande Candamo, dans le 4*, volume de daule à la subite élévation de Gygès. son Théâtre espagnol , une comédie Quoi qu'il en soit, l'action de la reine en trois journées, ou actes,

intitulée : de Lydie vengeant l'affront fait à sa el Duelo contra su dama. Le théâtre pudeur, a trouvé des apologistes dans change trois fois dans le premier acte; S. Jérôme et dans Agathias. Plutarque la scène est successivement dans un et d'autres historiens rapportent d'une jardin, dans un palais, dans une forêt; manière bien différente la révolution il y a quelques situations heureuses, qui plaça Gygès sur le trône de son des intentions comiques , du désordre maître. Il se révolta contre lui, et ce et du mouvement.

fut les armes à la main, avec le seCANDAULE, que les Grecs non- cours des Cariens, qu'il vainquit Canment Myrsile, était fils de Myrsis, daule, et le tua sur le champ de baroi de Lydie, de la race des Héra- taille, vers l'an 716 av.J.-C. Ce prince clides. Il succéda à son père , et , avait régné dix-huit ans. Il fut le dercomme lui, fixa son séjour à Sardis. nier roi de la maison des Héraclides, Il aima les arts. Pline dit qu'il acheta qui , suivant Hérodote, régnèrent, fort cher un tableau de Bularque, son · sans interruption, pendant un escontemporain. Sa fenime est nommée pace de cinq cents années et dans le Abro par Abas, Nyssia par Ptolé- cours de vingt-deux générations. (V. mée Ephestion, Tydé ou Clutia par les Recherches sur les rois de Lyd'autres auteurs; tous s'accordent à die et sur les rois de Carie, par dire qu'elle était d'une rare beauté. l'abbé Sévin, dans les Mémoires de L'événement qui, suivant Hérodote, l'académie des belles-lettres, t. V, amena la mort de Candaule est ainsi pag. 252 et suiv., et t. IX, raconté par cei historien. Le roi, de 125). Lydie, encore plus vain qu'épris des CANDAULE. Voy. CANDOLLE. charmes de la reine, voulut, en les CANDIAC (JEAN-Louis-PIERREmontrant sans voile à Gygès, l'un de ELISABETO DE MONTCALM DE ), enfant ses gardes et son favori, qu'il com- célèbre, né au château de Candiac, prît bien tout le bonheur de celui qui près de Nîmes, le 7 novembre 1719, les possédait. Gygès se défendit, Can- mort à Paris , le 8 octobre 1726. daule insista , et le plaça dans un Sa vie n'eut que sept ans de durée, lieu secret où il pût tout voir; mais et cependant

et cependant, outre sa langue maquelques précautions qu'on eût pri- ternelle qu'il connaissait par princises, la reine aperçut Gygès, et dissi- pes, il avait des notions assez avanmula. Dès le lendemain

cées de latin, de grec et d'hébreu; il geant qu'à se venger de l'injure qu'elle possédait toute l'arithmétique, savait avait reçue, elle voulut punir , par un la fable, le blason, la géographie, et crime, la folle imprudence de son plusieurs parties importantes de l'hisépoux, fit venir Gygès, et ne lui toire sacrée et profane, ancienne ef

p. 124

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V-VE.

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