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Inutile ramas de gothique écriture,
Dont quatre ais mal unis formaient la couverture,
Entourée à demi d'un vieux parchemin noir,
Où pendait à trois clous un reste de fermoir.
Sur l'ais, qui le soutient auprès d'un Avicène,
Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine.
Le chanoine pourtant l'enlève sans effort,
Et sur le couple pâle, et déjà demi mort,
Fait tomber à deux mains l'effroyable tonnerre.
Les guerriers de ce coup vont mesurer la terre;
Et du bois, et des clous meurtris et déchiréss,
Long-tems loin du perron, roulent sur les degrés

Boileau.

The tender auth'ress softens on his crown,
And, guiltless of a wound, fell feebly down.

Ye miscreant pair, (said Fabri,) thus you see
My front rebates your soft artillery.
Think ye, that I, who like a castle stand,
Can fall, the conquest of a female hand ?
Judge, if my arm, with mean exploits content,
Does on its errand send an Innocent.
Lo! here! a folio swol'n with floods of gore,
Shall crown the carnage of this bloody hour!

With this, he Fox's Book of Martyrs chose;
Four ill join'd boards the coverture compose,
Burrow'd by worms, and edg'd with iron round;
And with an old black sheep-skin half-way bound;
No silken ties it had, but at each hasp
Hung, by three nails, a remnant of a clasp:
Firm as it stood upon the bending shelf,
No human force cou'd stir it but himself.

This Fabri seiz'd, and, brandishing on high, A tip-toe stands, and guides it by his eye; Then at the trembling slaves, half dead with fear, Flings with both hands the thunderbolt of war; And home it went. With one disastrous wound Both heroes fell, and, measuring, bit the ground. Torn with the nails, and pounded by the wood, The pavement swam with gushing streams of blood. They churn’d the dust, and gnash'd their tenth and

howl'd, And down the staircase o'er each other rould.

Rowe,

ODE.

Tirée du Pseaume XIX.

Les Cieux instruisent la terre
A révèrer leur auteur :
Tout ce que leur globe enserre,
Célèbre un Dieu créateur.
Quel plus sublime cantique,
Que ce concert magnifique
De tous les célestes corps !
Quelle grandeur infinie !
Quelle divine harmonie
Résulte de leurs accords!
De sa puissance immortelle
Tout parle, tout nous instruit.
Le Jour au jour la révèle,
La nuit l'annonce à la nuit.
Ce grand et superbe ouvrage
N'est point pour l'homme un langage
Obscur et mystérieux:
Son adorable structure
Est la voix de la nature
Qui se fait entendre aux yeux.
Dans une éclatante voute
Il a placé, de ses mains.
Le soleil, qui dans sa route,
Eclaire tous les humains.
Environné de lumière,
Cet astre ouvre sa carrière,
Comme un époux glorieux,
Qui dès l'aube matinale,
De sa couche nuptiale
Sort brillant et radieux.

PSALM XIX.

Containing the substance of Rousseau's beautifulOde.

The heav'ns declare thy glory, Lord

Which that alone can fill;
The firmament and stars express

Their great Creator's skill ;
The dawn of each returning day

Fresh beams of knowledge brings :
From darkest night's successive rounds

Divine instruction springs.
Their pow'rful language to no realm

Or region is confin’d,
'Tis nature's voice, and understood

Alike by all mankind.
Their doctrine does its sacred sense

Thro' earth's extent display :
Whose bright contents the circling sun

Does round the world convey.
No bridegroom for his nuptials drest,

Has such a cheerful face;
No giant does like him rejoice

To run his glorious race.
From east to west, from west to east,

His restless course he goes;
And, thro' his progress, cheerful light

And vital warmth bestows.
God's perfect law converts the soul,

Reclaims from false desires ;
With sacred wisdom, his sure word

The ignorant inspires

L'univers, à sa présence,
Semble sortir du néant.
Il prend sa course, il s'avance
Comme un superbe géant.
Bientôt sa marche féconde
Embrasse le tour du monde
Dans le cercle qu'il décrit :
Et par sa chaleur puissante,
La nature languissante,
Sa ranime et se nourrit.

O que tes oeuvres sont belles !
Grand Dieu ! quels sont tes bienfaits;
Que ceux qui te sont fidèles
Sous ton joug trouvent d'attraits !
Ta crainte inspire la joie;
Elle assure notre voie,
Elle nous rend triomphans :
Elle éclaire la jeunesse,
Et fait briller la sagesse
Dans les plus faibles enfans
Soutiens ma foi chancelante
Dieu puissant; inspire moi
Cette crainte vigilante
Qui fait pratiquer ta loi,
Loi sainte, loi désirable,
Ta richesse est préférable
A la richesse de l'or;
Et ta douceur est pareille
Au miel dont la jeune abeille
Compose son cher trésor.
Mais dans tes clartés sacrées,
Qui peut connaître, Seigneur,
Les faiblesses égarées
Dans les replis de mon coeur ?

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